Nouvelle-Zélande 2012

Publié par Muriel Bayet

Paihia, mardi 23 octobre 2012

La morte saison a ceci d’avantageux que, les touristes étant peu nombreux, tout le monde est aux petits soins pour nous…

Voiture récupérée à l’aéroport d’Auckland, nous « filons » sur Paihia (à petite vitesse, le temps de s’habituer à la conduite à gauche de la route… et de trouver la bonne route !), où nous devons passer 3 nuits. Pas de nid de poule, pas de tôle ondulée, pas de piste en terre… Une belle route, en somme…

On trouve sans problème notre B&B où une bonne surprise nous attend : étant les seuls clients, notre hôtesse nous a surclassés… et nous nous retrouvons dans la « suite royale », dont la baie vitrée, face au lit XXL, surplombe l’anse de Haruru Falls, la mangrove, Te Ti Bay… Plantes grasses, palmiers, orchidées, « New-Zealand christmas tree », arbustes fleuris dont je ne connais pas le nom… Une pièce d’eau, devant la véranda où sont servis les petits déjeuners, donne l’impression que la cascade démarre là et tombe dans la baie en contrebas… Dressing, salon, mini cuisine, bureau, salle de bain luxueuse avec baignoire ronde très profonde, carrelée à la romaine, peignoirs douillets, etc, etc,… rien ne manque, pas même la chaîne hi-fi, les multiples CD tous genres confondus, le lecteur de DVD avec grand choix de films, la terrasse en bois, les salons de jardin privés, la chaise longue double, face à la mer, … ; et nos hôtes sont charmants…

Nous ne profiterons cependant que très peu de ce luxe, car nous ne sommes pas venus pour farnienter, mais pour nous balader dans ce merveilleux pays qu’est la Nouvelle-Zélande.

Pour qui a vu « Le Seigneur des Anneaux », il sera facile d’imaginer ces paysages de « la Comté », riante, ensoleillée, aux pentes couvertes de prairies vert tendre, de bois aux essences variées, allant des « pins de Norfolk », sortes d’araucarias qui ressemblent aux pins colonnaires de la Nouvelle-Calédonie, aux immenses kauris, arbres sacrés des Maoris, feuillus divers, palmiers, sapins vert foncé… Le tout parcouru de cours d’eau clairs et gais, ou baigné par les baies protégées de la côte Est, ou encore plongeant sur les immenses plages de la côte Ouest…

Un peu partout, des « cafés » où il fait bon s’arrêter pour se restaurer ou se rafraîchir… Et surtout, surtout, des Néo-Zélandais charmants, serviables, polis, paisibles…

Jeudi 25 octobre

La journée d’hier a démarré assez tôt : le bus nous récupère à 7h30.

Nous partons pour la journée ; cap Reinga (cap nord de la Nouvelle-Zélande), sand-boarding (pour Jacques !), remontée de la « 90 miles beach », balade dans une forêt de kauris…

Le chauffeur Maori parle tantôt néo-zélandais, tantôt maori, rit, chante, « incante » lorsqu’on passe par des lieux sacrés… et, riant à gorge déployée, fonce, avec son bus, sur la plage, au ras de l’eau, dans de grandes giclées salées qui blanchissent les vitres. Plus tard, remontant un cours d’eau claire, il roule à toute allure malgré les ornières, histoire d’envoyer un maximum d’eau douce sur le bus pour le débarrasser de la boue, du sable, du sel…

Aujourd’hui, balade en bateau sur la baie, à la recherche de mammifères marins. On côtoie finalement un groupe d’une quinzaine de « commun dolphins », ceux qui ont la tête fine et le ventre blanc. Ils sont en train de chasser ; au-dessus, une nuée de gannets à tête jaune (nos « fous de bassan ») survole l’ensemble, plane, puis plonge d’un coup, fondant sur le poisson avant qu’il ne soit avalé par un dauphin… En revanche, pas de baleine en vue…

Visite d’un village maori, puis dîner dans un fish & chips installé sur un trois mats, dans l’anse de Paihia. Poisson frais cuisiné au fur et à mesure, frites extra fraîches… On se régale de tarakihi (le poisson d’ici), délicieux, et d’un mussel chowder maison. Le tout sur fond de coucher de soleil, superbe, dans une baie calme où campent des Maori et un groupe de jeunes, à même le parking ( !)… Demain, retour sur Auckland…

En route pour Auckland, vendredi 26 octobre 2012

Doïng doïngggggg Tu-iii, tu-iiii Tong, tong... toc toc toc toc toc..... Whiiiiiiiii…. Le drôle d'oiseau noir et bleu, le "tui", que l'on entend depuis notre arrivée à Paihia, semble nous souhaiter bonne route...

La route qui traverse de la côte Est à la côte Ouest serpente à travers des collines boisées qui nous rappellent le Jura. Sauf que les plantes grasses et les palmiers sont nombreux et que les pentes douces se terminent en plages léchées par la mer…

Les nombreux troupeaux de bovins –dont d’énormes taureaux- et d’ovins se partagent l’espace. Le long de la voie ferrée et dans les taillis des zones non entretenues, les herbes de la pampa ont essaimé. Ce n’est pas très chouette… On traverse quelques mini villages, mais les étendues inhabitées restent majoritaires. Les maisons, coquettes, pour la plupart, ne reposent pas sur des fondations ; on suppose que, comme aux Etats-Unis, elles sont posées sur des bases aux branchements et évacuations pré-installés.

Etonnamment, une grande proportion des personnes que l’on croise, jeunes ou moins jeunes, habillés « sport » ou « ville », vont pieds nus, ce qui semble tout naturel...

Waipoua : la route passe maintenant à travers une épaisse forêt ; les kauris sont nombreux, mais le vert tendre des grandes fougères illumine l’ensemble.

On s’arrête pour faire une petite balade qui nous amène vers le plus grand kauri recensé : le « Lord », 14 mètres de circonférence, 29 mètres de haut ; puis, une autre marche d’une petite heure nous conduit vers « the Father », un kauri de plus de 2000 ans, moins haut que « the Lord », mais dont la circonférence atteint 16 mètres…

Le tronc des kauris est droit, rond, lisse. L’écorce est belle, vraiment belle, sans aspérité, marbrée de vert foncé, grenat, sienne, ocre, brun, chocolat… Seule la cime déploie de grosses branches ; on comprend alors pourquoi cet arbre sacré est choisi pour créer ; objets, meubles, escaliers, sculptures…

On y scie de longues planches régulières. La veine est belle, douce, de couleur miel, plus ou moins sombre, plus ou moins rouge… Et sa résine, « the kauri gum », comme l’ambre, capte la lumière, l’apprivoise, la fait danser dans des reflets improbables…

On ne quitte la scenic road que pour entrer dans Auckland. Une nuit, et on repart pour la péninsule de Coromandel…

Samedi 27 octobre, Tairua, péninsule de Coromandel

Les herbes de la pampa sont moins nombreuses ici que dans la pointe nord. Sur le bord de la route, les boîtes à lettres m’amusent : les formes varient peu, mais les couleurs, toutes vives, ressortent sur le fond vert du paysage. Beaucoup de piétons, tout âge confondu et quelle que soit la tenue, se baladent pieds nus...

On fait le plein d’essence, et nous voilà repartis, direction Clevedon, route de la côte. On traverse des prairies, façon bocage, parsemées de petites fleurs jaunes, très éclatantes ; ici, pas de haies, mais des barrières qui donnent un petit air de « corral ». L’ensemble est gai, riant, printanier. L’horizon est barré par de moyennes montagnes très boisées. Sur les prairies en pente, beaucoup de moutons ; les troupeaux de vaches et de taureaux sont sur le plat, au ras de la mer, dans des prés où sont plantées des rangées de peupliers. Ici, la route se promène à travers le paysage : c’est un ruban posé à même le sol, qui « méandre et sinue », « bossèle » et « toboggane », mini montagnes russes qui suivent chaque pli du terrain…

Kaiana, 11h00

Un drôle d’oiseau dodu, noir, court sur pattes, au long bec orange très pointu, braille sur le sentier qui longe la plage. Je ne connais pas son nom ; un peu plus loin, une énorme statue le représente, face à la mer…

Plus tard, un autre oiseau, le « pepe » (prononcer « pipi » !), plane au-dessus de nous, ailes blanches bordées d’un large liseré noir, collier blanc sous une tête jais. La péninsule est aussi fréquentée par une quantité impressionnante de canards sauvages ! Et toujours les tuis.

Nous n’avons pas croisé d’opossum ; enfin si, beaucoup, même, mais sur la route… aplatis par des roues de voitures…

La végétation est différente de celle du « grand nord » ; plus de kauris, mais hortensias, agapanthes, bananiers, rhododendrons, yuccas et autres plantes grasses, palmiers, herbes de la pampa…

On parcourt, assez tendus, les 45 derniers kilomètres. C’est que nous tombons en plein dans LA course cycliste annuelle, celle qui fait le tour complet de la péninsule de Coromandel. Plusieurs centaines de vélos (ils sont près de 500 à participer) qui roulent dans le même sens que nous, par un, par deux, par trois de front, quand ce n’est pas un quatrième qui double les autres, par pelotons plus ou moins denses... Et ça s’étire et n’en finit pas…

On a commencé par doubler les tout derniers, et plus on remonte, plus ça s’éclaircit ; la route grimpe assez fort, et la course s’étire… On croit avoir passé le peloton de tête, et voilà qu’après quelques virages, on en aperçoit d’autres…

Quarante-quatre kilomètres plus loin, soit quelques centaines de mètres avant le B&B, on dépasse enfin le leader… La route étroite et sinueuse, peu propice aux dépassements, l’est encore moins pour nous qui n’avons pas encore tout à fait le compas dans l’œil !!! Il fait bon arriver !

Cathedral Cove, 15h00

On a laissé les valises au B&B lequel, comme toujours depuis notre arrivée, est agréable, spacieux, confortable… Un petit tour sur la plage de « Hot Water Beach », munis de notre pelle ; le jeu consiste à creuser un trou dans le sable ; l’eau qui arrive par-dessous est chaude, 35 à 40°. Elle emplit le trou, et on se laisse aller à un bain de fortune, au ras des flots… Mais le phénomène ne peut avoir lieu qu’à marée basse ; lorsque nous arrivons, il est déjà trop tard, et les vagues qui se fracassent sur la plage emplissent les trous au fur et à mesure qu’on les creuse…

On abandonne, et on repart pour Cathedral Cove. 45 minutes de marche. Sur les pentes où poussent d’immenses pins noirs aux cônes joliment pommelés, les fougères arborescentes sont venues s’installer. On y trouve aussi de pimpantes digitales, des bruyères blanches et des ajoncs en fleur, des chardons bleus, yuccas, oiseaux de paradis, magnolias, cyclamens, azalées, sapins, buis….

Dans un creux du sous-bois humide et sombre, de gros rochers moussus semblent attendre d’être levés en dolmen ou tumulus. Le sentier de randonnée tourne et retourne, grimpe, descend, regrimpe. Une volée de marches le conduit sur la plage, dans une anse abritée des vents. Sur la droite, un immense rocher creux – la « cathédrale »-, sert de passage vers une minuscule plage où se cassent de gros rouleaux. La mer est belle, bleue, comme le ciel sans nuage qui nous surplombe. De petits îlots rocheux surmontés d’arbustes sont parsemés le long de la baie. C’est beau.

On termine la journée par un dîner dans un café-restaurant-galerie d’art-musée. Tables au plateau composé d’une multitude de coquillages pris dans une résine. Original. Ambiance jazzy, musique entraînante. Les poutres en acier du plafond, très haut, descendent assez bas. Le reste est recouvert de bois. Les lustres, façon ‘Tiffany’, ont un décor de coquillages sur fond bleuté. Sur le mur du fond, un énorme marlin trône, pêché dans la baie quelques années plus tôt. Au centre, le bar, en bois. Tabourets hauts. ‘Summertime’… Les accords du saxo s’égrènent pendant que je fais le tour des toiles accrochées ici et là. On se sent bien…

28-30 octobre, de la péninsule de Coromandel à Rotorua

On rentre dans les terres... Dès qu'on a quitté le bord de mer, on retrouve les monts boisés et les prairies où paissent les bovins. La route bordée de grandes fougères invite au rêve. Chaque arbre, chaque buisson, chaque fleur, chaque pierre, tous semblent nous murmurer un secret, une légende. Cela donne envie d'écrire des histoires peuplées de hobbits et d'oiseaux bleus....

Un crochet par la plage de Waihi Beach, un spot réputé pour le surf... Petit air de La Torche... La mer est calme, aujourd'hui ; les surfeurs peu nombreux. On ramasse de jolis coquillages, et on reprend la route. Il y a maintenant une végétation printanière typique, très fleurie : forsythias, rhododendrons roses, pourpres, mauve tendre, cherry trees, azalées de toutes les couleurs...

On se perd un peu dans les prévisions horaires de nos déplacements ; les cartes routières ont une représentation assez fantaisiste des distances entre deux points...

Katikati. Une bourgade tout en longueur, dont les centres d'intérêt sont ses murs, peints, et un centre de haiku très important ; c'est le "open air art" ; on s'y arrête...

Pause-café pour déguster un mussel chowder ; et je confirme : les néo-zélandais ont de fabuleuses ice cream, dont la "hokey pokey", la "boysenberry", la "bubble gum".... La devise, dans le pays, semble être, pour tous, "take it easy" (pas de panique) ; rapport ou pas, cela fait deux fois que je trouve des toilettes, dans un café, porte grande ouverte, mais surtout "unlockable"... Je demande s'il y a une clé ; on me regarde bizarrement en me disant que, si la porte est fermée, c'est que le lieu est occupé... CQFD. J'applique donc le "take it easy", et je ferme la porte derrière moi, pas très tranquille cependant. Mais tout se passe bien...

A Bethlehem Village, les eaux coulent à 35°. On est en pleine zone volcanique. Un petit bain, et on repart pour Whakatane, où nous trouvons notre B&B. Nos hôtes sont charmants, le logement très agréable, vaste et confortable. Neil nous a préparé un délicieux "chocolate’n strawberrry cake", à la fois croustillant et moelleux...

29 octobre, White Island

Je n'ai pourtant pas le pied marin, mais je tenais à faire quand même cette sortie en bateau : 3 heures A/R de Whakatane jusqu'à White Island l'île-volcan.

Assise sur le pont arrière, au niveau de l'eau, je regarde les vagues qui viennent affronter le bateau. Le soleil est là, et les yeux à demi fermés, je me surprends à admirer les taches de lumière argentée qui dansent sur l'eau ; elle est scintillante et gaie, à la joie communicative ; la chanson de Trenet me revient en tête. Il y a un peu de houle. La coque du bateau fend les transversales en grandes gerbes blanches, éclatantes ; des milliers de perles d'eau qui chahutent et s'éclatent, légères, jusque sur le plexiglas qui protège le pont supérieur...

L'île, petite, est en fait un volcan en pleine activité ; le soufre est partout ; d'ailleurs, il n'y a pas si longtemps, on y travaillait à son extraction ; les restes des machines et des bâtiments sont là, gueules ouvertes, couverts des scories de la dernière éruption. Les flaques de boue éructent des bulles ; partout, des fumerolles ; au centre, une épaisse fumée blanche ; quand elle change de direction ou devient trop épaisse, l'excursion est annulée...

On repart en faisant le tour -en bateau- de l'île ; sur le côté protégé des fumées acides, les arbres ont poussé ; des colonies de gannets sont en train de nicher... On vogue à vive allure depuis plus d'une demi-heure, lorsqu'un groupe de dauphins est aperçu ; cette fois-ci, ce sont des "bottle-neck" ; ils sont très gros, gris, et sautent par trois ou quatre à la fois...

15h00. On accoste ; retour vers le B&B où on a laissé bagages et lessive, étendue la veille au soir... Lorsqu'on arrive, Sue, notre hôtesse, a eu la gentillesse de tout ramasser et plier. On ne perd ainsi pas de temps. En route pour Rotorua…

On quitte à nouveau la mer ; cette fois, c'est pour de bon. Rotorua est à l'intérieur des terres, région de lacs volcaniques. On croise quelques beaux camions ; eux aussi ont une histoire, c'est sûr ! Lorsqu’ils s'avancent, nez en avant, on se doute bien qu'ils observent. Tout. Et le soir, parqués les uns contre les autres, ils se racontent probablement "les petites dernières", les brèves, les bons mots entendus au hasard des routes...

Rotorua. Lac n°2, en maori. Le B&B est encore une fois très luxueux, dans une maison très vaste ; un spa indépendant se trouve dans le jardin ; on nous donne la clé, les draps de bain... Il y a même des kayaks à notre disposition : la maison est au bord du lac...

Nous sommes en plein territoire Maori. Petit tour en ville, dans leur quartier ; il est trop tard pour visiter l'église ; dommage. Tout l’intérieur, bancs, stèle, poutres, statues, a été sculpté dans du kauri par les Maoris d’ici…

On s'arrête diner au "Fat Dogs Cafe". Original, sympa, et très copieux !!! J’apprécie les chaises bistrot, peintes en couleurs vives et ornées d’une pensée philosophique…

Rentrés au B&B, on fait un petit tour dans le spa... Hum !!!!!!!!!!!!!!

Mardi 30 octobre

La ville est un vrai gruyère ; partout, de la boue en ébullition, de la fumée qui s’échappe du sol, des pierres chaudes, de l’eau à 40°… Le sol, très fertile, est propice à une végétation fleurie toute l’année. Les nombreux parcs qui jalonnent la ville sont un vrai plaisir des yeux ; pour l’odeur, c’est autre chose… Le soufre n’est pas mon parfum préféré…

On se balade dans le quartier maori ; l’intérieur de l’église est entièrement décoré et sculpté par la communauté Maori installée ici ; symboles, totems, … c’est très chouette.

On passe la matinée et une partie de l’après-midi sur des chemins de petite randonnée. Cascades, rivière à truites, marécage et réserve d’oiseaux : fantails, les bien nommés, tout petits, au ventre jaune, et à la queue blanche et ocre en éventail, pukekos, pattes, bec et haut de la tête rouges, corps noir et bleu satin, tuis, jabot blanc et corps noir, miros, blancs et noirs…

Petite halte au B&B, le temps de manger une pomme, assis au soleil, sur la terrasse ; Carol, notre hôtesse, nous apercevant là, confectionne à la hâte de délicieux scones qu’elle nous apporte, beurrés, avec un « nuage » de marmelade de goji… Je sens que ça va être bouillon de poireaux la semaine de notre retour en France !!!

La soirée est maori. Spectacle, histoire, contes, musique, repas traditionnel… et « haka », que Jacques exécute avec eux… Ka mate! Ka mate! Ka ora! Ka ora! Ka mate! Ka mate! Ka ora! Ka ora! Tenei te tangata puhuru huru Nana nei i tiki mai, Whakawhiti te ra A upane! ka upane! A upane! ka upane! Whiti te ra! Hi!!

23h16. On réintègre notre chambre, après avoir passé deux heures à « refaire le monde » avec Ken et Carol… On se sent bien avec eux…

31 octobre 2012

Nous voilà à Taupo. Le lac est immense... Et, pour la première fois depuis que nous sommes en Nouvelle-Zélande, nous apercevons les sommets enneigés du Tongariro. A Taupo, c'est bras nus et chapeaux de soleil ; il fait très chaud. La ville est "une vraie ville", avec un centre, des boutiques, un front de lac, des cafés, un centre culturel, et du monde, beaucoup de monde dans les rues, aujourd'hui tout particulièrement.

Nous voyons, de tout côté, dès 17h00, des enfants, des parents, des jeunes, habillés qui en Dracula, qui en corsaire, squelettes, fées (!), princesses... Ah, oui ! Nous sommes le 31 octobre ; c'est Halloween... Ici, ce sont les commerçants qui accueillent les groupes, distribuent les bonbons... Quelques animations de rue ; sourires tranquilles ; c'est la fête, familiale ; il fait beau, chaud...

On flâne dans les rues, sur le sentier qui longe le lac... Ce soir, c'est repos. Ce matin, en partant de Rotorua, nous nous sommes arrêtés à Wai-O-Tipu ; geyser géant, cratères de boue bouillonnante, flaques d'eau émeraude, saphir, rouille et safran. Une balade de presque 2 heures dans ce grand parc aux odeurs sulfureuses...

La Nouvelle-Zélande se trouve à la bordure de deux plaques tectoniques qui se heurtent régulièrement. On comprend maintenant pourquoi les cimetières sont disséminés ici et là, parfois autour d’une église, souvent en plein milieu des champs, et que les tombes, dans cette région, ne sont pas creusées mais posées sur un socle, comme les gisants de nos cathédrales…

Ce furent ensuite les délicieux bains dans les retenues de sources d'eau chaude ; l'eau, qui sort à 100°, est refroidie pour atteindre 37 à 40° ; les "piscines", trous dans la roche polie, dominent le parc en contrebas. On se prélasse dans un bain chaud en plein soleil, entourés de grandes fougères et de fleurs éclatantes de lumière...

Quelques kilomètres encore, et voilà que ce sont les chutes d'eau de Huru Falls. Superbe. 40 m3/seconde qui se bousculent et dévalent l'étroit goulet à toute vitesse, tout en gardant une couleur vert opale...

Jeudi 1er novembre

C’est Toussaint. Et ici, ce n’est pas un jour férié ; pratique, parce qu’on doit passer à la poste acheter une boîte en carton ; les graines pour le jardin de Jacques, et le miel qu’on a acheté chez les Maori, ne peuvent pas pénétrer, même au fond d’une valise, sur le sol australien… On va donc s’envoyer un colis d’Auckland, en espérant qu’il n’arrive pas trop tôt à St Gué et que la boîte de distribution soit la Poste, afin qu’on ait une chance de le récupérer à notre arrivée…

Bigre ! Deux heures de route tranquille, bien que sinueuse. Cascades, prairies, bovins, « un zeste » d’Auvergne avec des paysages « Mont-Dore », beaucoup d’ovins, puis à nouveau la mer. Mieux vaut avoir pris ses précautions : nous parcourons 130 km sans la moindre station d’essence… D’ailleurs, le plus gros « village » qui se trouve sur notre route affiche fièrement ‘460 habitants’ ! La mer, ici, ou tout du moins aujourd’hui, est plate, lisse, émeraude clair.

On s’arrête à Napier, petite ville qui s’étale le long de la côte. Napier, presque entièrement détruite en 1931 par un terrible tremblement de terre, fut reconstruite dans la foulée des années 32 à 34… dans le style de l’époque : l’Art Déco. Ce n’est donc pas pour rien qu’elle est considérée comme la capitale mondiale de l’Art Déco. Les rues, les hôtels, les commerces…

Tout le centre-ville historique nous plonge au cœur des années folles. Et c’est vraiment agréable !

Hasting, petite bourgade entourée de vignes, située ½ heure de route plus loin, a subi les mêmes transformations, pour la même raison ; mais, moins touchée, seule une petite partie des rues arbore le style Art Déco.

On passe la nuit dans les faubourgs de Napier ; maison moderne immense, portes à la japonaise, en papier huilé, qui laissent passer une douce lumière, piscine, salon privé pour les hôtes B&B, et un accueil chaleureux par un couple avec qui on prend plaisir à converser, tout comme avec nos hôtes de Rotorua…

Ici, cependant, nous recevons les consignes en cas de tremblement de terre ; apparemment, le sol bouge fréquemment dans le secteur : 3 fois dans les deux dernières semaines, dont un petit « mouvement de sol » avant-hier…

Vendredi 2 novembre

En route pour Palmerston North, 3 heures de route montagneuse.

On tente d’arriver pour 11h30/midi à Fielding, village situé à 15 minutes de Palmerston. Le vendredi, c’est jour de foire jusqu’à 14h00. Marché paysan, foire aux moutons…

C’est le plus grand marché de la région ; on ne voudrait pas rater ça !

Immense ; c’est immense ! Des enclos à perte de vue, surplombés par des passerelles où les « maquignons » évaluent les bêtes, vaches, taureaux, moutons, agneaux… Chacun à sa place… Plus haut, encore, la « criée » aux bestiaux, où les prix de vente sont débattus... Cela meugle et bêle ; on sent la bouse et l’urine plusieurs mètres avant d’arriver sur le marché...

De belles bêtes. Parfois un tantinet « shocking », les taureaux en rut n’ayant pas toujours compris qu’ils étaient entre congénères ! Les bovins nous étonnent par le nombre de races différentes. Certains sont frisés comme les moutons, d’autres ont des poils longs, comme les yacks… Les couleurs, aussi sont étonnantes… On reste un moment à contempler bêtes et... fermiers, chapeaux de brousse informes, pulls lâches, troués, pantalons trop larges et bottes de caoutchouc…

Sur la place centrale de Fielding se tient le marché paysan. Produits locaux, légumes, vins, cookies colorés, fruit breads and cakes…

On fait la pause dans un café-cinéma-galerie ; c’est vraiment très sympa… Mussel chowder pour Jacques, iced coffee pour moi, ce qui ne correspond absolument pas au café glacé que j’attendais. Mais c’est diablement bon ! 15h00.

On arrive à Palmerston North. Petit tour en centre-ville ; l’art est partout : dans les galeries, au musée maori, sur les places, dans les rues, à l’intérieur des cafés… Et, incontournable pour les amateurs, dont Jacques fait partie, le musée du rugby !

2 - 6 novembre 2012 : Turangi, les grottes de Waitomo, puis Auckland

Nous avons quitté Palmerston North sous un ciel bas et sombre ; la pluie n’a pas mis longtemps à apparaître ; grise, fine, froide. La route, très sinueuse, suit la chaîne montagneuse. Pas de ligne droite…

Montées raides et descentes vertigineuses, et ça recommence, parfois même en dévers ! Un circuit « montagnes russes au lunapark » dans lequel on peut cependant maîtriser sa vitesse…

La route est bordée d’épineux et de bruyère. On ne voit rien de plus : les nuages sont très bas et cachent les montagnes ; la brume, épaisse, s’est répandue sur toute la région. Au centre d’information de l’Alpine Crossing, on nous annonce que tout a été annulé pour la journée, en raison des « pauvres conditions météorologiques ». Les prévisions pour demain sont meilleures, mais cependant pas fantastiques : vent a 50km/h, neige à partir de 1000m, 0° à partir de 1200m ; le trek part de 1150 m, monte jusqu’à 1786m, et redescend à 900m ; 9 heures de marche ; sous un ciel bleu et ensoleillé, on est partant ; sous la neige et dans le froid, avec les cimes cachées par les nuages, cela ne vaut pas l’effort. On ne fera donc pas l’Alpine Crossing. Margaret, notre hôtesse, nous prête un bouquin sur les autres balades possibles…

On verra demain… En attendant, on fait une petite marche vers d’autres sources chaudes, eau fumante, boue en ébullition, sentiers surélevés pour éviter le soufre, l’acide… Arbres morts, herbe brûlée…et de temps à autre, un genêt en fleurs ! Puis plus tard, une boucle de 50 minutes, le long de la rivière qui passe le long de notre lodge, sur les conseils de Kenneth…

19h45. On frappe à la porte : Margaret nous apporte deux mussel cakes tout chauds, plat typiquement néo-zélandais, nous dit-elle. Hum ! C’est bon !

Dimanche 4 novembre

Les prévisions de la veille sont confirmées…

On prend un solide petit-déjeuner, et on file faire le tour du lac Rotopounamu. Deux heures de balade sur un sentier forestier. Lorsque soleil perce, il fait chaud. Sinon, c’est 8° de moyenne. On aperçoit le lac de temps à autre, à travers les branches des nombreux arbres. Les nuages estompent un peu l’eau ; mais que le soleil paraisse, et l’eau s’illumine d’un beau vert jade !

Turangi est un centre de pêche connu pour ses truites arc-en-ciel gigantesques. On fait le tour du musée-vivarium… Pique-nique devant les truites… et retour au lodge, avant de refaire le tour de la rivière, puis un stop près des pêcheurs…

Lundi 6 novembre

Nous sommes arrivés hier à Auckland. Nous logeons dans un bâtiment vieillot, extérieur comme intérieur, mais placé en plein cœur de la cité d’Auckland, pratiquement au pied de la sky tower. On ne peut rêver mieux ! Après avoir –laborieusement, car le parking est un peu loin…- vidé la voiture, on est partis se balader sur le front de mer, côté porte-containers et cargos… Impressionnant !

La ville grouille ; groupes de touristes, routards, citadins, au milieu des bureaux, centres fitness, rues piétonnes, galeries marchandes ou d’art, restaus, cafés, ceux qui flânent, d’autres qui courent…

On termine la journée par un copieux en-cas dans un irish pub, à deux pas de notre hôtel. Sur le chemin retour, nous avons fait un arrêt à Waitomo, promenade souterraine en barque, dans des grottes aux voûtes parsemées de vers luisants. C’est vraiment magique !

On a raté les jardins botaniques d’Auckland. Pas pris la bonne sortie, et n’ayant pas de plan détaillé de cette partie des faubourgs, et bien, on a tourné plus ou moins en rond avant de renoncer et retrouver le chemin du centre-ville...

Là, la carte étant bonne, on a pu grimper au sommet du « mount Eden », d’où on domine la ville, les docks, les parcs… La table d’orientation indique Paris à 18 550 kms. C’est le point le plus loin indiqué sur la rose des vents…

Lundi matin

On commence par ramener la voiture sur un point de location situé en ville. Après quelques énervements, tours et détours, on finit par trouver. Ouf ! Sur le plan cela semblait tellement évident !

On remonte les quais et on prend l’humeur du front de mer, marché au poisson, containers-centre info ou containers-toilettes, voiliers de luxe, bateaux de croisière, yachts, le long de marinas grand style, arpentées par des touristes, des cafetiers, des marchands, des hommes et femmes d’affaires, des familles en vacances, et aussi, par des déjantées en mini-short ou mini-jupe, chaussures compensées à talons aiguilles d’une quinzaine de centimètres (c’est très drôle de les voir « marcher » ! » : on dirait des flamants sur une plage de galets ; j’allais dire « grues », mais l’interprétation risque d’être douteuse…)…

On remonte vers un mall, flâne dans les boutiques ; petite pause dans un « eating center » où je me laisse aller à une dernière glace « hokey pokey », puis on passe deux bonnes heures dans le musée- galerie d’Art d’Auckland, où sculptures d’hier et d’aujourd’hui côtoient les toiles de la Renaissance à nos jours ; l’art avant-gardiste est très présent ; c’est un art en mouvement, où les écrans prennent le pas sur la toile, où les forment évoluent, coulent, gèlent, se déforment… Intéressant, mais je ne suis pas souvent preneur…

On retourne passer notre dernière soirée dans le pub irlandais où nous avons dîné hier. Le mardi, c’est soirée quizz. La première série de questions concerne le cinéma et les séries TV américaines ; on ne sait rien ; mais alors, vraiment rien ! Puis vient une série « pot luck », qui porte sur la culture générale ; là, c’est nettement plus facile et on donne une grande partie des réponses au groupe de jeunes américains -et un néo-zélandais- installé près de nous. Ils viennent de Pennsylvanie, de New-York, et du Maryland, dont… Bethesda !!!!

22h20. On vérifie les valises… Demain matin, à 5h35, on devra être prêt, à la réception, pour attendre le taxi qui nous conduira à l’aéroport…

Mercredi 7 novembre 2012

Une nuée d'Asiatiques -Coréens ?- a envahi l'aéroport. Déjà hier dans Auckland, sur le port, en haut du mont Eden, au pied de la Sky Tower, et jusque dans l’hôtel, où à 2 heures du matin, ils parcourent les couloirs en parlant haut et fort, s’esclaffant, téléphonant, au mépris total des autres résidents.

Malgré l’heure matinale (il est 06h15), le Terminal des vols internationaux n’est plus qu’une fourmilière grouillante où les groupes succèdent aux groupes, dans tous les sens, vers toutes les portes. Les comptoirs d’enregistrement et la douane sont relativement efficaces, et à 6h30, on peut se diriger vers la zone d’embarquement.

Nouvelle-Zélande 2012
Nouvelle-Zélande 2012

Publié dans Voyages