Nouvelle-Calédonie 2012

Publié par Muriel Bayet

~28 septembre 2012

Si l'avion affrété par Air France au départ de Paris n'avait pas embarqué 80% de ses passagers vers une destination finale de Sydney, il est plus que probable que nous n'aurions pas attrapé notre correspondance ! Car mercredi, à Paris et Roissy, il a plu... Des trombes d'eau inondant la voirie, sans interruption, jusque tard dans la soirée... De l'eau vraisemblablement à l'origine du ‘black out’ total des terminaux d'embarquement de Roissy.

Au bout d'une heure de cogitation, la responsable du moment a pris la décision de tirer le listing des passagers, comme autrefois, sur un papier double et long, long, tellement long, qu'on ne pouvait s'empêcher de se rappeler la pub pour du papier toilette, dans les années 80 (vous savez, ce bébé joufflu et souriant se levant de son pot, un bout du rouleau de PQ à la main, et parcourant le logement en le déroulant, tout en criant: "Maman ! »...) Et donc d'appeler, nominativement, les passagers, par ordre alphabétique, dix par dix... jusqu'à ce qu'un Môssieur furieux débouche en trombe, valise cabine à la main, et arguant que lui, voyageant en première, devait entrer derechef (pour reprendre une expression de Bertrand...).

Du coup d'autres, premières ou business, se sont présentés en force, suivis par le troupeau des classes "économie", en beau désordre... Bref, après avoir biffé tous les noms prévus à l'embarquement, trouvé une place assise pour trois passagers qui avaient un billet d'embarquement mais pas de siège (!...), puis après avoir compté et recompté et encore recompté les passagers une fois l'avion fermé et tout le monde assis, le pilote nous a annoncé que "suite à un problème technique", il faisait vérifier les jauges de fuel par du personnel au sol, et que par conséquent, on ne décollerait pas avant un "petit" quart d'heure... lequel a duré, en fait, 35 minutes...

Bref, nous avons fini par prendre de la hauteur direction Singapour, avec 2 heures de retard. Ce qui nous a fait arriver à 19h35 au terminal D du gigantesque aéroport de Singapour, pour un embarquement porte C22... à 19h20...

Sortis rapidement du 777, bagages cabine et autres à la main, nous avons tous couru d'un hall à l'autre, passés, haletants, les contrôles, puis nous nous sommes engouffrés dans le 747 pour Sydney. Ce matin, nous sommes arrivés un peu avant l'heure prévue, à 6h du mat' heure locale, et nous attendons l'affichage de la porte d'embarquement pour notre vol sur Nouméa, à midi. En attendant, petit tour dans l'aéroport avec une découverte plus que surprenante: les duty free proposent, ici, des articles 2 à 3 fois plus chers que les boutiques non détaxées françaises... Y compris pour des produits néo-zélandais...

Nouvelle-Calédonie

Samedi 29 septembre 2012

Ciel pur (rare ici, nous a-t-on dit) bleu très clair. Les arbres se détachent en décor "douanier Rousseau". La ligne d'horizon, émeraude, laisse paraître un Pacifique en dégradés allant du sienne clair au vert turquoise. Agitée, l'eau roule du sable rouge sur une plage de terre mêlée aux feuilles des badamiers.

On teste. 24° C. Pour nous, elle est très bonne ; pour les autochtones, elle est encore un peu fraîche... En revanche, le plancton allergisant qui opacifie le fond près de la plage n'a rien d'engageant... On se baignera plus tard, dans le lagon... Ce début de printemps est riant. Un concert de perruches vertes à tête bleue répond au vent léger qui fait chanter les troncs creux et les branches des palmiers. Bougainvillées rouges et roses, hibiscus écarlates à fleurs doubles, fleurs de dattiers grenat. Vacances...

Hier, malgré la fatigue du décalage horaire et des 34 heures de voyage (dont 31 heures de vol), on a pleinement apprécié d'être accueillis à la sortie de la zone douanière avec des colliers de fleurs de bougainvillées. Plus tard, un plat de grosses crevettes calédoniennes s'est laissé déguster sans retenue...

On "tire" jusqu'à 21h30 heure locale, histoire de recaler nuits et jours. Paupières de plomb, gestes lourds et maladroits... On se couche ; il ne faudra pas plus de quelques secondes pour s'enfoncer dans un profond sommeil...

Dimanche 30 septembre

On part pour la journée, pique-nique dans le panier. Quelques routes sinueuses goudronnées rendues rouges par le sol gorgé de ferrite, puis les pistes. Terre sèche, poussière rouge sur le 4X4, les cheveux, les vêtements, ornières, trous plus ou moins profonds, tôle ondulée, creeks et radiers que l’on passe dans des grandes éclaboussures d’eau…. Et puis l’arrivée au-dessus des lacs…

Eau bleue scintillante, cascade joyeuse, et végétation étonnante ; peu de fleurs, mais beaucoup d’essences d’arbres curieuses. Bois bouchons aux allures de baobabs nains, multitudes d’araucarias d’espèces différentes, pins colonnaires, niaoulis, flamboyants, kauris, cactées, fougères arborescentes…

La pause déjeuner près du « lac en 8 » se termine par une délicieuse tarte aux pommes accompagnée d’une flûte de champagne : Gérard et Marielle ont tenu à marquer les 60 ans de Jacques…

Et puis, à 17h40, arrêt près du Mont Dore, face à la mer, pour contempler le coucher de soleil… Ciel orangé, nuages mauves et gris-violine… En moins de 15 minutes, il chute derrière la ligne d’horizon. Tout devient sombre, les alentours deviennent bleu de Prusse, puis la nuit envahit chaque coin, opacifiant l’espace, le ciel, la terre…

Le Mont Dore se situe derrière une petite montagne, à 35km de Nouméa… Lorsqu’on descend sur la baie qui abrite la capitale de l’ile, on découvre une quintuple crique abritant de petites îles ; on imagine sans peine, côté mer, une cache idéale pour flibustiers en relâche… Côté terre, en revanche, ce sont boutiques pour touristes et petits immeubles sans grand souci d’harmonie architecturale ; les anciennes maisons coloniales ont presque toutes disparues, englouties par le béton d’aujourd’hui… Je ne trouve aucun charme à Nouméa…

4h15 du matin, Plum, mercredi 3 octobre

Il pleut. Depuis hier soir, sans accalmie. Une eau claire et froide qui tombe du ciel en un rideau raide et droit... Voilà qui va faire plaisir aux "métro" qui m'ont répondue que nous étions des veinards qui échappaient à la grisaille frisquounette de la France... …

Dans cinq heures, on partira vers le Nord, logiquement plus chaud et plus ensoleillé, mais, début de printemps oblige, fort risques de pluie ! On a refait nos bagages pour n'emmener qu'un petit sac à dos et les sacs de voyage. Demain, si le temps le permet, on ira faire un tour en kayak sur la grande barrière de corail.

La journée d'hier, commencée grise et brouillée, s'est d'un coup ensoleillée un peu avant midi. Ciel bleu et lumière éclatante. On a refait la route côtière de Nouméa. Superbe. Déjeuner en front de mer, sur la terrasse d'un des nombreux restaurants.

Sous le soleil, Nouméa parait plus riante malgré un urbanisme à l'architecture décidemment vraiment affligeante ! En revanche, les nombreuses essences d'arbres qui jalonnent la ville sont remarquables. Les arbres, ici, sont beaux. Tous. Grands flamboyants majestueux à l'harmonieux déploiement de branches, banians, cocotiers, quelques tulipiers, beaucoup d'hibiscus, des bougainvillées de toutes les couleurs, et les palmiers ; c'est incroyable le nombre de palmiers différents ; j'ai du mal à retenir leur nom. Il y a les "empereurs", au tronc gris élancé, qui laisse soudain passer, comme un bras jaillissant d'une manche trop étroite, un long segment vert tendre qui monte et se perd sous les larges feuilles étalées en couronne. Et puis cet autre, petit, à taille humaine, dont les feuilles de couleur anis, touffues, retombent gracieusement le long des troncs et légères, légères, tellement légères qu'elles dansent à la moindre brise. On ne peut s'empêcher de penser aux plumes d'autruche qui font le bonheur des Folies Bergères...

Sur une plage en contrebas des squats habités par les tribus, je "goûte" l'eau transparente sous un soleil devenu très chaud. Pas une ride ne vient troubler la surface. On monte sur le deck d'un faré, monté sur pilotis au-dessus de l'eau. Cela foisonne de poissons gris au ventre argenté, qui chahutent au ras du sable ; en surface, de grandes orphies glissent en silence, longs poissons au bec fin comme une aiguille, et dont le corps est si transparent qu'on aperçoit l'arête centrale bleu-vert fluo... C'est l'heure de rentrer. On s'arrache à la quiétude des lieux...

Mercredi 3 octobre, Poé (Bourail)

Malgré le ciel un peu couvert et le vent encore assez fort, on découvre un Pacifique à l’eau gris-vert, légèrement ridée, transparente sur la plage de sable fin. Au large, la ligne d’horizon prend des couleurs émeraude ; adossée à cette bande céladon, une crête d’écume blanche danse, ballet de vagues qui sautent et retombent à l’infini : la barrière de corail. Il est 17h00.

On se pose sur la plage en attendant le coucher du soleil qui apparait à travers les nuages.

18h15. La nuit est tombée d’un coup, noire. Installés dans le gîte qui borde la plage, on charge les photos en prenant un verre…

Jeudi 4 octobre

On passe une partie de la matinée à la baie des tortues. Hélas, hélas, postés en haut de la falaise malgré un fort vent froid qui souffle sans relâche, on passe de nombreuses minutes à scruter l’eau vers la plage aux tortues, sans en apercevoir une seule. On pense qu’elles ont dû migrer avant l’arrivée de l’été…

Un peu déçus, on descend sur la plage en contrebas, par un sentier « forestier » essentiellement planté d’hibiscus, d’araucarias et de pins colonnaires, agréablement parasités par de multiples bougainvillées aux couleurs éclatantes. Là, le sable est grossier ; la plage descend assez fortement, creusée par les rouleaux violents qui roulent jusqu’au bord ; la baignade y est interdite, ce qui ne surprend pas.

On remonte ; un petit tour jusqu’au spot de la falaise, et puis soudain, en voilà une. Une petite tortue, puis une autre, tête sortie pour respirer, carapace brune à la surface de l’eau… Elles n’ont donc pas encore migré… On s’attarde encore un peu, dans l’espoir d’en apercevoir de plus grosses. Une mère jaillit soudain ; quelques dixièmes de secondes, et elle a replongé. Tant pis.

On s’arrache au vent froid qui n’a pas faiblit, et on emprunte un autre sentier qui gravit la colline jusqu’au point culminant. Une stèle à la gloire de Marie semble attendre les offrandes. Et tout autour, en contrebas, la baie… Vert cru devant la barrière de corail, bleu « des mers du sud » en approchant de la côte, marine et émeraude vers les récifs qui bordent la plage ; l’eau se fait belle…

On reprend la voiture pour descendre sur la plage du Bonhomme, là où viennent pondre les tortues. Un tunnel naturel, sous la roche, nous amène sous la falaise. L’eau se fracasse, tourbillonne et mousse…

On rebrousse chemin et malgré les mises en garde de très forts risques d’éboulement (la roche s’effrite continuellement), on contourne le rocher, prenant soin de ne pas prendre appui sur la pierre. On guette ; c’est là que les tortues montent prendre l’air … On fouille du regard la surface de l’eau ; et c’est la récompense ; une énorme tortue à grosse tête fait surface, replonge puis réapparait quelques minutes plus tard, plus loin, vers la plage. Grosse tête brune, carapace en crête… On a le temps de l’observer avant qu’elle ne plonge à nouveau…

On décide de passer l’après-midi sur la plage. Mais le vent, qui n’a pas faiblit et souffle parallèlement à la côte, balaie le sable fin ; on finit par trouver un abri derrière de grosses racines ; le soleil est chaud mais il fait trop froid sous le vent pour apprécier une éventuelle baignade ; on renonce. Les prévisions météo n’annoncent pas de changement pour le lendemain ; on abandonne l’idée d’aller en kayak sur la barrière de corail ; on empruntera le bateau à fond de verre, si le vent perd de sa force, nous prévient-on. La journée se termine par une partie de pétanque ; pas le temps de faire la belle ; à 18h00, il fait déjà nuit…

Vendredi 5 octobre, 06h00

Le vent est tombé pendant la nuit ; le ciel est limpide et le soleil déjà haut… On se prépare ; on a rendez-vous à 8h30 au bateau. Jacques a préparé son masque-caméra, et moi, mon courage !!! Tortues à Grosse Tête géantes, poissons bleu électrique, jaunes ou gris à rayures, corail blanc et corail bleu, le fond est beau mais je reste sur ma faim ; j’imaginais quelque chose de plus spectaculaire, comme en Guadeloupe….

Après-midi farniente, baignade et dessin des coquillages que je trouve au bord de l’eau… La journée se termine sur la plage, devant le coucher de soleil, un verre à la main…

Hienghène, 7 octobre 2012

Dormir sur un matelas posé à même le sol, dans une case, c'est chouette. C'est une case toute ronde, surmontée d'une flèche faitière dont je ne connais pas le symbole. Devant la porte, sous l'auvent de paille, un chapelet de coquillages... De l'extérieur, la case parait vraiment petite. Mais en fait, il y a 4 matelas en rang d'oignon sur une estrade, et 2 lits superposés de chaque côté de l'entrée. Et suffisamment de petits néons et de prises électriques pour assurer un minimum de confort. La hauteur sous faitage (il n'y a pas de plafond) doit approcher des 6 mètres, ce qui donne une impression de liberté ; on y respire agréablement bien...

Devant la case, quelques cocotiers doucement agités par un vent très doux, puis c'est la plage. D'ailleurs, la nuit a été bercée par le bruit des feuilles d'arbres et celui du ressac... Le soleil, rouge orangé, s'est levé d'un coup au-dessus de la mer, peu après 5 heures. Et maintenant, alors qu'il n'est que 6 heures et demie, il est déjà haut dans le ciel ; l'eau brille, étincelle ; la journée sera belle...

On se balade. Autour de Hienghène, ce sont rochers surgissant en plein milieu d’une crique, mangrove, rivières, petits ponts, route qui serpente dans la tribu, « table d’hôte » dans un faré de la tribu. Halte sur le petit pont qui enjambe l’entrée de la lagune ; une famille s’est installée en contrebas, et deux hommes scrutent l’eau, épervier sur l’épaule. Ils pêchent des mulets ; je fouille l’eau du regard ; je veux voir les poissons. Et puis voilà que j’en aperçois un, très long, comme une grosse anguille : une murène. Dérangée par nos exclamations, elle se glisse et disparait sous l’ombre du pont…

Petit tour jusqu’à la mairie de Hienghène, remarquable par son architecture moderne intégrant la culture traditionnelle kanak ; on accède à l’entrée par une allée bordée de totems, gravés de symboles dont nous ne connaissons pas l’histoire. Chaque drapeau des tribus flotte aux mâts surplombant l’édifice. On cherche quelque chose d’ouvert pour acheter de quoi pique-niquer rapidement ; mais c’est dimanche, et le « centre-ville » (une dizaine de maisons) est fermé… On nous indique une petite épicerie-bazar, tenue par la tribu, sur une route non fréquentée. On y trouve de tout, conserves, boissons fraiches, saucisson, pain, robes, chemises, piles, etc., etc….…

Devant l’entrée de la « boutique », un grand pamplemoussier est chargé de fruits ; « ils ne sont pas très bons, c’est acide », me dit l’un des hommes venus faire des courses ici ; « mais c’est bon quand il fait chaud » ; et il m’en cueille 4 beaux spécimens. Dans le pick up découvert où sont assis une dizaine de kanaks venus se ravitailler en « vin de France », tout le monde rigole…

L’après-midi se passe en partie sur la lagune, à bord de kayaks que nous avons loués pas loin de l’hôtel. La partie « mer », qui nous permet d’arriver à la lagune, est un peu sportive, car l’eau est agitée, et c’est la première fois que je tiens des pagaies… Mais dès qu’on a franchi la passe, c’est le calme ; on remonte la lagune, dans un silence reposant et riant, sous un chaud soleil. C’est très chouette.

Rentrés à la case, on file rincer nos vêtements trempés d’eau salée, et on les étend comme on peut, entre les cocotiers… ça a un petit air de camp manouche !....

Lundi 8 octobre

Il tombe une grosse pluie tiède, par intermittence. A l’horizon, le soleil est sorti, plus orangé que jamais, puis est monté dans le ciel jusqu’à se perdre dans les gros nuages annonciateurs de perturbation…

On monte à la cascade de Tao, dont l’accès est fermé juste derrière nous pour cause de pluie d’orage qui fait grossir subitement le lit de la rivière. La plupart des boites à lettres, ici, sont remarquables d’ingéniosité: gaines de câbles électriques de chantier, bidons, postes tv, micro-ondes, etc… Certaines, cependant, ressemblent vraiment à des boîtes à lettres… Une boîte en forme de case, agrémenté de petits totems : voici l’entrée d’un sculpteur kanak ; on s’arrête ; situé en bordure de lagune, l’endroit est très riant et reposant ; les sculptures représentent essentiellement des flèches faitières dont il nous explique la symbolique.

Plus loin, on visite le centre culturel kanak (cases et totems)…

Mardi 9 octobre

Tout le monde se lève à 5hOO pour voir le lever de soleil … lequel n’aura pas lieu : une marée de nuages couvre l’horizon…

Départ pour Sarraméa, en passant par Poindimier, où on fera un arrêt au Tieti Tera ; tables au bord de la piscine, le long de la plage… Sur le sable, des pêcheurs sont en train de dépecer un requin qui s’est pris dans leur filet. Dans la baie, il semble que les requins soient nombreux…

Arrêt de la mi-journée à Houailou. Ici, c’est le pays des litchis et des bananes. Dommage, on est encore un peu tôt dans la saison. Pique-nique au bord de la rivière ; une femme traverse sur un radeau de fortune, à moitié immergé. Elle se dirige à l’aide d’une longue perche ; vu le fort courant de travers, on admire, car elle arrive pile-poil à « l’embarcadère » qui se trouve sur l’autre rive…

Pause-café dans le « bourg » de Poindimier, au « café du coin », lequel se nomme… « oukonébien » (Ouh ! Qu’on est bien !)… Pour passer de la côte Ouest à la côte Est, on emprunte le route de la mine, dans la montagne (mines de nickel) ; route à ne pas prendre par temps de pluie ou sans un 4x4…

Zone désertique, où personne ne viendra nous chercher si on tombe en contrebas de la route ; et cela arrive parfois à de malheureux conducteurs, car il n’y a aucune protection, barrière, ou quoi que ce soit ; la pente est forte, les virages en épingle à cheveux, et ça glisse, vraiment beaucoup… Végétation changeante : on passe des bananeraies et fleurs riantes à un paysage de terre rouge et brune (la mine) avec, au sommet, quelques araucarias très particuliers (branches terminées par une touffe de verdure), puis on trouve quelques feuillus, peu de fleurs, à nouveau la mine avec, en contrebas, la mer ; enfin, on descend sur Sarraméa, et c’est à nouveau un autre paysage : bambous sur le bord de la route, fougères arborescentes, palmiers, cocotiers, bananiers, fleurs d’hibiscus et bougainvillées de toutes les couleurs.

Arrivée au domaine du Méranki. Ce sont des producteurs de café (café Leroy) et de miel ; ils font aussi gîte. On loge dans des cases individuelles (toilettes aménagées à l’extérieur), dans un endroit idyllique, à côté de la tribu.

Au matin, je surprends une perruche verte à tête et arrière-train rouges. Elle s’envole avant que je ne revienne avec l’appareil photo.

Parc des grandes fougères.

Il fait très chaud ; une chaleur lourde et moite ; balade de 4 heures dans le parc. Végétation surprenante. On entend un volatile cancaner en deux temps, d’une voix éraillée… Impossible de le voir ; il est caché en contrebas. On suppose que c’est un cagou, l’oiseau emblématique de la Calédonie… On finira par tomber nez à nez avec une petite famille cagou… Oiseau gris perle, dodu, pas très élégant, au bec et longues pattes rouge vif, et crête sur la tête laquelle se redresse tandis qu’il émet une sorte de feulement plaintif… On ne le verra pas s’envoler. Timide mais placide, l’oiseau, comprenant que nous ne lui voulons aucun mal, avance tranquillement en fouissant sous les feuilles…

On avait prévu de rencontrer le chef de la tribu de Petit Coulis. Mais des « incidents » ont eu lieu récemment, et il est vivement conseillé de ne pas aller dans les parages de la tribu…

Diner puis déjeuner autour du feu ; Gérard nous fait griller de grosses crevettes de palétuviers, accompagnées de bananes poingo, et des filets de mahi-mahi ; une pastèque est la bienvenue : il fait si chaud…

Encore une cascade dans laquelle on fait trempette, puis c’est le retour sur Plum, en passant par la distillerie de niaouli… Le niaouli… Son écorce a une texture de cuir ; ça doit être chouette de s’en servir pour peindre…

Samedi 12 octobre 2012

Malgré la brume qui recouvre la mer ce matin, la température n'a que peu faibli ; il est 6h30, et il fait déjà 23°C. L'avantage du matin, c'est le taux d'hygrométrie, qui tombe en-dessous de 80%. En pleine journée, il atteint les 90%, avec une température de plus de 35°C. On est habitués à légèrement moins, à St Gué....

Depuis plusieurs jours maintenant, nous essuyons les attaques répétées de moustiques minuscules mais vindicatifs. Les sprays magiques, huiles essentielles de géranium et autres repoussoirs d'une efficacité décrite comme redoutable, n'ont pas plus d'effet que les margouillats qui se prélassent sous les rampes lumineuses au lieu de se goinfrer... Ça gratte, ça gratte !!!!

Samedi soir, île des Pins

Le petit ATR 72 orange, de la compagnie Air Calédonie, nous a déposés en douceur sur la piste de l’île des Pins. Il est 18h20. Il fait nuit noire. On récupère nos bagages ; surprise, surprise : ils n’ont pas souffert. Pourtant, passés en soute au lieu de les laisser en cabine (ils sont en tissu) à cause des règlements particuliers d’Air Calédonie, on s’attendait à ce qu’ils soient un tantinet écrasés ; mais non ; les employés de l’aéroport les manipulent avec délicatesse, déposant sur le tapis, doucement et dans le bon sens ( !) chaque bagage.

A l’extérieur, une cohorte de chauffeurs attend les passagers près de leur véhicule ; on trouve celui du gîte Nataiwatch, on s’installe ; lorsqu’enfin tous les sièges sont occupés, notre hôtesse démarre ; et ce sont 25 mn de brinquebalement, de soubresauts à droite, à gauche, de nids de poule qui nous font décoller du siège…

On ne voit rien d’autre que le ruban de route éclairé par les phares ; on distingue parfois, dans la semi-obscurité des lumières de la voiture, des vaches qui broutent tranquillement sur le bas-côté… La conductrice nous informe : « ici, on passe devant la seule boulangerie de l’île ; mais c’est fermé le dimanche »…. Plus loin : « là, ce sont les vestiges du bagne… ». On acquiesce… Et que faire d’autre ? De toute façon, on ne voit rien, mais alors, rien de rien !... Enfin, nous sommes au gîte. Tout le monde descend et récupère son bien. On nous conduit à nos bungalows, à l’aveuglette ; je cherche des points de repère… En chemin, on questionne : « il est possible de dîner au gîte, ce soir ? » Réponse «Ah, ça, faudra demander, parce que normalement, faut réserver à la réception avant 17h00. » « Et la réception, c’est où ? » « Ah, ben à cette heure-ci, c’est fermé ; ça ferme à 17h00… »

On pose nos affaires dans la chambre et on repart vers l’entrée, repérant le bloc sanitaire, un tronc d’arbre biscornu, une lampe plantée dans le sol, enfin, de quoi être capable de faire le chemin retour… Sous le faré où sont dressées les tables, d’autres passagers de l’avion du soir nous rejoignent ; on n’y voit goutte ; on dînera là, ou pas. Quant au repas du lendemain, il faudra aussi réserver dès ce soir, car le dimanche, tout est fermé. Non pas qu’il y ait une quelconque supérette dans l’île, mais la « boulangerie » propose aussi des fruits… quand elle est ouverte, et quand elle est approvisionnée…

Tout est bien qui finit bien ; on peut s’attabler, en compagnie de quelques bandes de moustiques hooligans qui se sont invités malgré nous.

Dimanche 14 octobre

La voiture de location n’est pas du dernier cri ; mais elle résiste bien aux cahots divers et variés… On fait comme tout le monde : on va « chez Régis », voir puis déguster le « bougna » traditionnel, ce plat de viande ou poisson, accompagné de légumes locaux, et cuit avec du lait de coco dans des feuilles de bananiers, sous les pierres chaudes recouvertes de cendre. Typique, mais pas extraordinaire. Ça manque de saveur. Local aussi, le faré aux tables un peu collantes, les sets de table peu nets… Je préfère ne pas insister sur les assiettes, verres et couverts ; quand on balaie du regard un peu vite, ça va…

On passe la journée à visiter les « sites remarquables » de l’île : ancien bagne, cimetière des bagnards, baie des crabes (ça, vraiment curieux !!! Des crabes par milliers, qui courent et plongent dans des trous de sable humide, si vite, si vite, qu’il est très difficile de les photographier ; ils le méritent, pourtant : les plus gros atteignent vaillamment 5 cm, leurs pattes sont longues et fines, et leur pince gauche minuscule est compensée par la droite, d’un rouge flamboyant, et presque aussi grosse que le corps !)…

On atteint la piscine naturelle, où des poissons aussi transparents que l’eau resteraient invisibles s’ils n’avaient, en plein milieu du corps et sur la crête de leur nageoire dorsale, un gros pois brun… Et aussi, les criques au sable blanc et eau émeraude hyper transparente (à voir, absolument !), et les drôles de petits cailloux-rochers coiffés d’une végétation luxuriante et posés là, comme ça, en plein milieu de la baie ; on peut accéder à certains par les bancs de sable qui les relient à la plage, les pieds dans 50 cm d’eau… Sur l’un d’eux, on découvre un « tricot rayé », serpent au venin mortel mais qui, fort heureusement, n’attaque qu’en cas d’absolue nécessité… Celui-là cherche plutôt à se cacher des regards, et se glisse lentement hors de l’eau, sur la roche en surplomb dont les plantes lui servent d’abri…

Lundi 15 octobre, 9h50

Il pleut. Depuis hier soir, une grosse pluie lourde et tiède tombe, sans discontinuer… La balade en pirogue – embarcation particulière, faite d’un tronc coupé en deux dans la longueur et surmonté d’une sorte de radeau, munie d’un balancier d’un seul côté, et d’une voile triangulaire blanche-, la pirogue, « véhicule » phare de l’île des Pins qui devait nous transporter au nord de l’île, dans la baie d’Upi, est annulée. Trop de pluie… Et la météo ne prévoit une amélioration que… demain après-midi !!! Et que faire, ici, dans une chambre ouverte sur le jardin aux plantes ruisselantes ?

Le faré près de la réception est ouvert à tous les vents ; on sent l’humidité. Pas de voiture à louer ; de toute façon, on a déjà fait le tour de l’île hier… A l’abri -précaire- de nos K-Way, on tente une sortie le long de la plage. Une trentaine de minutes, et on rentre au gîte, passant par le « restaurant-cantine » pour y boire un thé bien chaud… A la réception, on nous propose de nous prêter un jeu de société, scrabble, ou autre… Si ça ne se calme pas, la journée risque d’être longue ! On finit par se dire que, mouillé pour mouillé, on peut aller se baigner dans la baie où est installé le gîte. Le sentier qui mène à la plage part du centre du gîte et serpente à travers la tribu. Dans les farés tribales, tous les feux sont allumés ; on sent des odeurs de repas préparé…

La plage est belle mais le sable, blanc et poudreux, colle sous l’effet de la pluie. Jacques a pris son masque ; il mitraille les poissons multicolores qui nagent vers lui… On rentre, on se sèche, et on charge la carte sur l’ordinateur… Mais déception : pas une seule photo ne s’est imprimée sur la disquette : il s’est trompé dans sa manipulation….

La pluie a redoublé ; pas question de retourner dans l’eau ; l’humidité froide qui nous enveloppe est dissuasive… On passe le reste de la journée dans la chambre… à attendre une accalmie ! Accalmie qui ne viendra pas. On se console en s’offrant un dîner dans le restaurant du ‘resort’ chic qui se trouve « tout près » de notre gîte… Tout près à vol d’oiseau, ou par la plage, à marée basse, mais 25 minutes à pied en passant par la route… Car la côte étant très découpée, le gîte et le ‘resort’ ne se trouvent pas sur la même pointe… Nuit noire, route non balisée, autochtones se prenant pour Fangio… sans compter la pluie qui ne cesse pas…

Par sécurité, on passera par la plage, réduite à un ensemble sableux-boueux, vagues léchant les racines d’arbres que l’on longe. Lampe frontale pour nous guider, on patauge jusqu’au restaurant, vaguement allumé. Car la pluie, violente, a eu raison du système électrique de l’ensemble hôtelier, chic ou pas, et les lampes tremblotantes suspendues aux poutres du restaurant ne suffisent pas à éclairer les sentiers qui y mènent. Autour des tables, tout le monde arbore un haut relativement « habillé » … Quant au bas, cela va du short au pantacourt, tongs ou chaussures de plage… Les trombes d’eau qui ont envahi la plage, le sable, l’espace, ont découragé les tenues smart…

Mardi 15 octobre 2012

La pluie a cessé pendant la nuit. Le ciel reste couvert ; on vide la chambre, et on se décide à passer notre dernière journée (on reprend l’avion du soir pour Nouméa) à « la piscine », en partant par une pirogue… Nous sommes dix sur notre pirogue ; les 5 autres embarcations sont tout aussi chargées. Le vent est assez fort ; la voile est hissée ; on n’aura pas besoin du moteur.

Et c’est parti pour 1 heure et demie de glisse silencieuse à travers les baies parsemées de rochers-champignons au chapeau couvert de verdure ; l’eau est transparente, complètement transparente ; et verte. Une menthe à l’eau pas trop chargée en sirop… Une dizaine de minutes avant l’arrivée, le soleil se fend d’une percée ; et c’est la féérie des couleurs : turquoise, émeraude, céladon, paille, anis, menthe… L’eau se fait tentatrice… Sur la berge, les cocotiers agitent leurs feuilles vert tendre et jaune d’or… On débarque ; quelques mètres à patauger dans la vase qui s’est déposée au fond de l’eau, et on accède au sentier qui traverse la forêt pour rejoindre la « piscine », retenue naturelle d’eau de mer…

Une heure de marche, un peu à l’aveuglette, lorsqu’il s’agit de bifurquer à droite ou à gauche ; ici, les panneaux, on ne connait pas… Enfin, on se retrouve, avec d’autres petits groupes, sur « la » plage convoitée… Une pierre plate affleure au milieu de la pièce d’eau ; ce fond rocheux est le paradis des poissons ; Jacques mitraille –sans se planter, cette fois-ci !- : jaunes à rayures grises, bleus à pois jaunes, translucides et point brun, rouges et blancs, poissons clowns….

Nouméa, 16 octobre

Lessives, lessives… En prévision de notre prochain vol pour Auckland, et au vu des conditions drastiques imposées pour pénétrer sur le territoire, on lave tout, des chaussures aux sacs de voyage, sacs à dos, etc., etc…

Jeudi 17 octobre

Mer calme ; temps légèrement couvert, mais « ça devrait se lever ». K-way, polaires et maillots de bain. On part, de Plum, pour la journée, au phare Amédée, au large de Nouméa, en passant par l’îlot Maître où on doit récupérer les parents de Daniel. Daniel, c’est le propriétaire du bateau qui va nous embarquer. C’est un petit bateau à moteur ; Daniel et Cathy viennent de l’acheter ; c’est leur 3ème sortie ici, et le bateau sort de révision… J’ai fait le plein de cocculine. Et j’ai bien fait. Gérard voulant pêcher à la traîne, on file à 8 nœuds…

Et on se fait un peu balloter, au gré des moutons de mer… On aperçoit des dauphins, beaucoup d’oiseaux signalant une chasse entre poissons, mais les cannes de traîne ne donnent rien ; enfin si, ça donne le mal de mer… L’heure passant, Daniel met les gaz… un drôle de bruit. Le moteur s’arrête. Plus d’huile. Apparemment, il y a une fuite quelque part. Plus ballottés que jamais dans les vagues qui moutonnent de plus en plus et dans tous les sens, les garçons réussissent à remettre 2 litres d’huile (sur les 4 nécessaires) et le moteur repart ; on pique-nique sur l’îlot Maître… et on oublie le phare Amédée ; il est déjà tard, et Daniel est soucieux… 15h30.

Le moteur refuse de démarrer ; plus de batterie. Trois quarts d’heure et plusieurs coups de téléphone plus tard, on est « dépanné » en ligne, version « système D ». Il est temps car, si besoin, la dernière navette repart à 17h00. Le moteur tousse, retousse, s’arrête, éternue, et enfin, démarre. On saute sur le bateau amarré contre le ponton, en contrebas (c’est marée basse), et Daniel met plein gaz, direction Plum. Mais la passe, vers l’île porc-épic, est mauvaise. Les vagues creusent de plus en plus, en courants contrariés ; le bateau saute, retombe, claque…

On décide d’abandonner la route de Plum où la mer est décidemment trop dangereuse, et on met le cap sur Nouméa, où la baie est protégée, et la mer plus calme… Enfin, on apponte. Quelques heures plus tard, dans la nuit noire, le bateau sera, avec beaucoup de difficulté, tiré hors de l’eau et hissé sur la remorque… Retour prévu, 16h30. Retour effectif… 21h00… Ouf ! Plus de peur que de mal, mais même pour les habitués, il y a eu quelques frayeurs en pleine mer…

Vendredi 19 octobre

Journée à Nouméa, à flâner sur le marché, dans les boutiques près de la place des cocotiers, et vers les sculpteurs kanaks installés dans les cases montées sur le parking près de l’OPT…

Samedi 20 octobre

Visite du centre Tjibaou. L’architecture y est étonnante ; c’est un ensemble dont la forme rappelle les cases d’une tribu ; les bâtiments, légers, s’élancent vers le ciel en un mouvement gracieux. A l’intérieur, les salles sont considérées comme des cases : case 1, case 2, … ; c’est vaste, haut de plafond ; on s’y sent bien.

De nombreuses expositions de peinture et sculpture, une exposition permanente sur la vie de Tjibaou… A l’extérieur, de vraies cases et une chefferie. Aujourd’hui, une tribu de Hienghène est invitée pour des démonstrations : coutume, danses, préparations culinaires suivies d’une dégustation, conférence, contes…

Devant les cases de l’espace kwakaa, au bord de la mangrove, les tissus flottent autour des grandes branches plantées dans le sol ; c’est « la coutume » : pour pouvoir entrer dans la case d’un chef, l’invité doit offrir du tissu, lequel sera accroché sur la branche ; ensuite, pieds nus, à la suite du chef, on entre, plié en deux – le toit de la case descend à 1m20 du sol ; c’est pour obliger quiconque, chef compris, à courber la tête pour entrer, en signe d’humilité envers les esprits qui habitent le lieu.

Trois expositions se partagent les salles du centre. Parmi elles, les toiles d’Adrien Ukane Trohmaé, peintre décédé en 2010, sont remarquables. Je note, je note !

Dimanche 21 octobre

Dernières crevettes et bananes poingo… On refait les valises… Demain, on s’envole vers Auckland.

Sydney, 22 octobre, 17h10 H.L.

La zone de transit bourdonne comme une ruche trop pleine ; ça passe, repasse, téléphone, mange, boit, s'interpelle, se pose, repart... L'appel de nos noms dans l'avion, à l'arrivée à Sydney, nous a surpris. Et oui, "Mister Bayettt' " et "Missizz Païtrroutchi" ont été demandés à "l'avant de l'appareil"... alors que les passagers de l'avion, depuis 20 minutes que nous avions atterri, et las d'attendre, s'étaient agglutinés dans l'allée centrale et formaient un magma infranchissable... Pour une fois que nous avions décidé d'attendre que l'avion se vide avant de se lever....

Quelques minutes plus tard, on retrouvait une hôtesse qui nous expliquait, avec le sourire, que notre avion était programmé avec un minimum de 2h35 de retard... et que par conséquent, on nous "offrait" généreusement un chèque-restaurant de $20 chacun, pour aller prendre un pot et se restaurer...

A l'aéroport de Sydney, le moindre mini sushi, ou sandwich, ou part de "pizzetta fresh from the oven" taxe plus de $25..... Le plus ennuyeux, c'est qu'au lieu de l'arrivée prévue un peu avant minuit à Auckland, on devrait maintenant atterrir vers 2 heures du matin minimum... et la navette aéroport-hôtel s'arrête à... 1h30. Ha, ha, ha !!!!! Heureusement que Gérard m'a passé $20 néo-zélandais, qui vont me permettre de téléphoner à la réception de l'hôtel afin qu'on vienne nous récupérer, histoire d'avoir l'occasion de prendre une douche et tester le lit... Car, à 9h00, le responsable du "car rental" vient nous prendre à l'hôtel pour nous filer la voiture de location...

Le temps de récupérer les bagages, passer la douane (mon dieu, pourvu qu'ils ne soient pas en phase "excès de zèle" !!!), trouver un téléphone dans une aérogare pas forcément animée à cette heure de la nuit, attendre le taxi, rouler jusqu'à l'hôtel, faire prendre en compte le voucher à la réception, aller dans la chambre.... On va être frais pour prendre le volant, sortir d'Auckland (conduite à gauche, faudra pas oublier malgré la nuit quasi-blanche...), trouver la "scenic road" pour aller à Paihia, puis le B&B en pleine campagne, téléphoner au bateau pour confirmer notre excursion du lendemain et aller repérer l'embarcadère (on a RV à 7h00 le lendemain...).......

La journée avait pourtant si bien commencé… Gérard avait pris le chemin des écoliers pour nous conduire à l'aéroport. Bord de mer, passage à travers les tribus, points de vue... Soleil éclatant, mer lisse, ciel sans nuage, vent nul... Et déjà très chaud, histoire de nous faire regretter de quitter les lieux.

Après nous avoir passé un collier de coquillages autour du cou, Gérard et Marielle nous ont laissés, bagages enregistrés et boarding tickets en poche. Survol de la barrière de corail. Instant magique, couleurs de légende... Dommage, nos sièges étaient situés au niveau de l'aile. Pas évident de faire une photo. Trois heures et des poussières plus tard, on arrivait sur l'Australie. Récifs, récifs ; écume blanche des vagues qui s'étalent en corolle sur une mer plus bleue que jamais.

On survole à très basse altitude, maintenant, une vallée boisée d'où sortent plusieurs foyers de fumée blanche et grise, épaisse. Le feu ? Puis, au loin, des immeubles s'élancent vers le ciel. Sydney. Le ciel est gris foncé sur la ville ; il pleut ; fort ; par un caprice du ciel, la zone où se trouve notre avion est dans une embellie. Un superbe arc-en-ciel se forme, rond, entourant l'avion, nous accompagnant, brillant, lumineux, couleurs franches et vives, comme un porte-bonheur, un signe de bienvenue... Au sol, le toit du Pavillon, blanc sur fond de ciel anthracite... Des groupes d'immeubles, style "Empire State Building", forment un ilot entouré de verdure... L'avion descend encore, en approche, puis vers la piste ; posé, il roule, et roule encore ; les pistes sont longues, à Sydney, et l'aérogare est loin... De chaque côté, la mer, agitée, violente par endroit malgré les digues multiples... L'aéroport s'est construit sur l'eau...

18h00

C'est l'attente....

Nouvelle-Calédonie 2012
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Publié dans Voyages