Australie 2012

Publié par Muriel Bayet

Australie 09h55.

On atterrit sans problème à Sydney. On a deux heures devant nous pour passer les contrôles, récupérer les bagages, et se faire enregistrer pour le bus de Canberra. On pense être tranquille ; mais c’est sans compter sur la zone de débarquement, où des centaines et des centaines de passagers sont agglutinées dans une longue file qui serpente dans le hall, où seulement 4 guichets –la frontière- sont ouverts ; des enfants pleurent ; vitesse tortue au repos ; chaque passeport est examiné, décortiqué, chaque carte de débarquement est lue dans ses moindres détails, commentée, questionnée, chaque visa ré-enregistré, premier prénom, second prénom, troisième prénom…

11h00. On n’a pas avancé de plus du dixième de la foule des étrangers prêts à pénétrer sur le territoire australien…

Etre à 12h00 « sharp » sur le quai 27 pour attraper notre bus, devient une gageure… Et finalement, à force de demander, d’expliquer qu’on a une « connexion » pour Canberra à midi pile, on nous autorise à aller vers le guichet « rapide ».

11h15. On finit par passer, récupérer les bagages lesquels, débarqués depuis longtemps, ont été sortis du tapis roulant et entreposés dans un coin sur lequel on tombe presque par hasard, puis c’est la douane.

On s’attend encore à quelques longueurs, mais voilà que le douanier, lisant mon nom sur le passeport, s’écrie, tout content : « Petrucci ? Sei italiana ? ». On papote un peu ; il sourit lorsque je lui explique que je ne le suis qu’à moitié, et nous fait sortir sans rien contrôler du tout… Il est 11h20. A quoi ça tient !

15h30. On arrive à Canberra sous une pluie froide. Gary et Barbara sont là. On s’engouffre dans la voiture ; chez eux, c’est le camping : les travaux de rénovation de leur maison ont pris six mois de retard ! Pas grave ; c’est tellement sympa de se retrouver ! Un petit thé, et nous voilà repartis ; malgré le mauvais temps, on monte sur le mont Ainslie, qui domine Canberra. De là, on voit bien le plan de la ville, construite autour d’un seul axe, avec des triangles et des cercles marqués par les bâtiments administratifs. Beaucoup de verdure. Et un peu partout, sur le bord des routes et des avenues, des panneaux : « attention, traversée de… kangourous, wombats… ».

Jeudi 8 novembre 2012

Le soleil est revenu ; il fait même assez chaud, beaucoup plus, en tout cas, qu’à Auckland. La matinée est consacrée à la visite du « capital exhibition centre », où toutes les étapes de la construction -et de la décision de son existence- de Canberra sont exposées. Puis c’est la visite du Parlement, où on peut pénétrer un peu partout. Vaste bâtiment, très clair, situé à la pointe extrême du triangle de Canberra. On passe une partie de l’après-midi au War Memorial ; on est surpris par le nombre de jeunes scolaires qui viennent là. Musée intéressant, agréable, loin du concept des vitrines poussiéreuses…

17h00. Sonnerie aux morts. Dans les allées latérales, les murs sont couverts de plaques gravées aux noms des soldats tombés pendant les différentes guerres, par régiment, et par ordre alphabétique. A côté de chaque nom, une rainure dans le marbre permet d’insérer un coquelicot en hommage au soldat nommé. Et, vu de profil, les fleurs rouges sur le marbre gris forment comme des blessures … Remember. They fall for your freedom…

Vendredi 9 novembre 2012

On a refait les valises ; une va rester ici, à Canberra, pendant notre escapade Alice Springs – Melbourne. Dans l’autre, on met les affaires nécessaires pour Melbourne, et ce qui n’est pas autorisé en bagage cabine. On prépare également les petits sacs à dos, l’indispensable pour notre virée dans le désert…

La journée va être bien remplie : Musée national d’Art, immense, où on se focalise sur les salles dédiées à l’art aborigène actuel, Galerie des portraits, du style léché convenu à une facture plus contemporaine, collage, huile sur sacs de jute, projections, huile sur photo…

On s’arrête aussi à des expos privées, ainsi qu’au jardin national des sculptures… Là, on découvre beaucoup d’œuvres françaises, dont Rodin, Bourdelle, Mayol … Plus loin, une œuvre contemporaine de Dadong Christando, « Heads from the North », est saisissante ; une cinquantaine de têtes à taille humaine –en bronze-, toutes identiques mais regardant dans différentes directions, semblent flotter sur l’eau d’une mare encombrée de roseaux… « 1966 : memorial to innocent victims ». On passe devant d’autres œuvres étonnantes moins chargées d’émotion, dont une étrange série de très grands cônes horizontaux et verticaux, en alu très brillant, reflétant le ciel, les arbres, les passants, lumière et images changeantes, œuvre à la fois statique et en mouvement !...

Perroquets rouge vif, cacatoès d’un blanc éclatant, magpies noires et blanches, crested pigeons, sorte de gros pigeons très colorés, avec une crête en plume grise dressée sur le sommet de la tête, blue wrens, mâles en jabot bleu paon et femelle gris bleutée, queue en batte de cricket… On découvre beaucoup d’oiseaux au hasard des rues, des parcs…

Une pause sandwich devant le lac, un café à la museum shop… Puis retour chez Gary et Barbara en passant par le « parc » resté en bush, le long du lac. Et c’est là qu’on les voit, nos premiers kangourous gris. Un bébé et deux jeunes. Peu farouches, ils se laissent photographier, mais s’éloignent en sautant dès qu’on approche trop près…

Samedi 10 novembre 2012

Aujourd’hui, on se balade au National Botanic Garden. Fleurs, arbres, buissons… Un espace réservé à la reconstitution de la flore avant l’arrivée des villes, des routes, du béton… Endroit calme et agréable. Encore un kangourou, un grand, cette fois, qui paresse allongé au soleil, puis se redresse, fait sa toilette, puis s’éloigne tranquillement. Et partout, des « dragons », sorte de gros lézards grisâtres au collier jaune moutarde. Quelques perroquets crient et se précipitent d’un arbre à l’autre ; et puis, des « eastern spinebill », oiseaux à tête bleue, ventre jaune et queue blanche. Et des corneilles, très noires, au criaillement étrange et désagréable, ainsi que des magpies, et d’autres espèces que nous ne connaissons pas…

Dimanche 11 novembre

Jacques n’a eu aucun mal à se lever tôt, ce matin : à la télé, retransmission en direct du match de rugby Australie-France… entrecoupée de pages de pub, au grand dam de notre archi-fan ! Ajoutons tout de même qu’ici, quel que soit le sujet, il y a, à la télé, 20 minutes de pub par heure (dix minutes de retransmission, ciné, news, etc, cinq minutes de pub, dix minutes de retransmission, cinq minutes de pub, dix minutes…)…

Ce matin, un ciel très bleu et sans nuage laisse passer, avec bonheur, la chaude lumière du soleil. C’est que les nuits sont encore froides, ici, en ce printemps déjà pourtant bien avancé ; on annonce une moyenne de 5° au petit matin…

Journée « champêtre… On va se balader dans le village de Burgendore, un « vieux » village… On « croise » d’autres perroquets, cette fois verts au ventre orange, d’autres cacatoès d’un blanc éclatant, tache rouge sur le front et à la base de la crête, et une forêt de boîtes à lettres plus originales les unes que les autres… Tonneaux, maisons, kangourous, etc, etc, en bois, en métal plus ou moins rouillé, …. Demain, départ à 05h20 pour Alice Springs…

Alice Springs, lundi 12 novembre 2012

Sitôt quitté la gigantesque agglomération de Melbourne, l'avion survole le bush, la plaine, le sable, encore du sable, quelques rares points verts, une rivière qui n'en peut plus de "méandrer", à tel point que des anses se sont rejointes pour former des ilots...

Sable, graviers, sable, roche,... à nouveau le bush... Trois heures de survol désertique. Une route, parfois, droite, raide, un virage soudain et le ruban reprend, plus rigide et rectiligne que jamais. Et des pistes. Rouges. Peu, mais qui suivent une "rivière", une faille, ou traversent une plaine, le bush, le sable... Enfin une "station", une ferme ; on aperçoit quelques arbres plantés régulièrement ; un verger ? Une oliveraie ? Encore le bush, de la rocaille, une piste, puis une autre habitation. L'avion commence sa descente ; ça y est ; on voit quelques bâtiments disséminés çà et là, puis ce qui ressemble à une agglomération...

Vent fort, et de travers. On se pose un peu brutalement sur la courte piste de l'aéroport d'Alice Springs. L'appareil se dandine jusqu'au parking de l'aérogare ; on amène les échelles, et l'avion se vide, directement sur le tarmac. 40° à l'ombre. La piste est en plein cagnard... Je n'ai aucune idée de la température réelle sous les rayons du soleil. Mais on pénètre dans un four chauffé à blanc. L'air brûlant nous saute au visage, assèche les narines, emplit les poumons. Welcome to Alice Springs.

Il est 11h30, mais 13h00 heure de Sydney, ou de Canberra, ou de Melbourne... Ne me demandez pas pourquoi, mais c'est comme ça : il y a une heure et demie de décalage horaire entre Alice Springs et la capitale....

L'hôtel est en plein centre ; les valises posées, on se traine dans la rue principale. Sous les quelques arbres, les bancs sont envahis. Beaucoup d'aborigènes. Normal. C’est leur pays. Photos de clichés : hirsutes, enfants comme adultes, nez écrasé, dos voûté, couverts de poussière, pieds nus dans des tongs ou sandales...

Les galeries succèdent aux galeries. Peintures aborigènes "authentiques", certifiées, traditionnelles ou modernes. Certaines sont vraiment belles et chargées d'émotions, de vibrations. Mais même de toute petite taille, les prix sont vraiment trop élevés...

On retourne à la chambre, refaire les bagages ; il faut laisser la valise à l'hôtel et n'emporter que le minimum : sac cabine et mini sac à dos... Prévoir pour la pluie, pour la soif, pour le trekking, pour les nuits froides, pour la toilette "de chat", pour se changer, pour les moustiques, pour les mouches, pour les ampoules, les coups de soleil, la trousse de "survie", pour, pour, pour... et que ça tienne dans un mouchoir de poche...

Mardi 13 novembre, 6h00

Il fait jour depuis presque une heure maintenant ; le « bus » 4X4 de 10 places est là ; nous sommes 4 à monter ici. Hans et Marcel, néerlandais, s’installent à l’intérieur. Sur la proposition de Rhett, notre guide-chauffeur-cuisinier, on s’assied dans la cabine ; derrière la large vitre du véhicule, on s’en met plein les yeux…

Le camper continue sa tournée des hôtels et backpackers… C’est au tour de Dimitri et Camille, jeune couple parisien en voyage de noces ; ils prennent place sur la banquette avant. On récupère maintenant Pascale et Roland, Suisses allemands. Rhett a terminé sa tournée. Il reste 2 couples, mais qu’on ne prendra qu’en milieu de journée, à l’aéroport d’UIuru…

On sort maintenant d’Alice Springs ; nous sommes sur la Stuart Highway « la» route goudronnée qui part vers le nord… Elle coupe le bush, droite, large, propre… Des kilomètres qui succèdent aux kilomètres, même paysage, même poussière, mêmes couleurs…

Un coup de frein soudain nous sort de notre léthargie : un superbe kangourou rouge vient de traverser la route, juste devant nous…

15h00. Un peu plus tôt dans l’après-midi, on a récupéré Rina et Peter, Néerlandais eux aussi ; l’autre couple, on ne l’a pas trouvé. On part à Uluru, des bouteilles d’eau plein le sac à dos. 41°. A l’ombre. Lorsqu’on sort du véhicule, l’air brûlant nous enveloppe ; notre corps pèse soudain des tonnes… Le soleil plombe tout. Et la roche, rouge feu, renvoie la chaleur. Seules quelques rares cavités préservent une douceur toute relative (28°) grâce à l’ombre de la roche en surplomb. Mais la plupart se trouvent dans des zones interdites, lieux secrets chargés d’histoire des tribus aborigènes.

Le « chemin de ronde » n’offre pas d’abri ; on ne fera pas tout le tour ; trop chaud ; d’ailleurs, les mises en garde sont formelles : ne pas faire la marche par plus de 36° ; ne pas entamer une marche après 16h00 ; tâcher de la commencer tôt le matin et de la terminer à 11h00 au plus tard.

Quelques kilomètres de piste rouge plus tard, on arrive à notre premier campement. Abri de tôle ouvert sur les côtés, table en bois, « évier » posé sur une tablette, tuyau d’eau. On décharge le véhicule ; d’abord, la cuisine itinérante : boîtes à ustensiles, cuvettes, éponges, torchons, sel, poivre, etc., assiettes, gobelets, boîte alimentaire –sucre, café, thé, …, on prend le nécessaire dans la glacière.

Vite, Rhett prépare un grand feu, puis on se met à « cuisiner » le repas, sous ses indications ; légumes coupés dans le chaudron, viande en morceaux ajoutée aux légumes, pain : le damper, préparé par Rhett puis Dimitri, qui deviendra « Mister Bread », pain que l’on cuit dans un second chaudron posé sur les braises, couvercle également recouvert de braise.

18h30. Il fait nuit noire. Pendant que le repas cuit, on met la table, puis tour à tour, on part se doucher dans les blocs toilettes du camping « proche »… La lampe frontale, indispensable pour se diriger dans l’encre noire de la nuit, attire toutes sortes d’insectes, dont de gros « bugs »… Pouah !

Le repas avalé, vaisselle faite dans les deux cuvettes, essuyée, rangée, on sort les bagages, prépare les affaires pour la nuit, rentre à nouveau les bagages dans la soute du camper. Puis, démonstration de l’utilisation des « swags » et mise en place des sacs de couchage, draps, oreillers. Il faut que cela serve pour les 5 jours de camping, que l’on déplie et roule le plus rapidement et le plus serré possible…

22h00. Steve, un autre guide, arrive, avec le couple qu’on n’avait pas trouvé : Britt et Jane ; elles font partie de notre tour… Mais arrivées trop tard à l’aéroport, elles ont été récupérées par le groupe « 3 jours dans l’outback »…

22h45. Tout le monde a maintenant préparé son couchage. Les phares du véhicule, allumés pour l’installation de cette première nuit dans « l’outback », permettent de se glisser dans nos duvets sans trop de mal. Et c’est la surprise : confortables, étanches, rassurants car à l’abri des insectes, ces swags nous permettent d’admirer le ciel sous des millions et des millions d’étoiles, plus brillantes les unes que les autres dans ce ciel de velours noir marine, et qui semblent si proches qu’on tendrait bien la main pour en apprivoiser une !…

J’aime observer le ciel de Bretagne par la fenêtre de ma chambre, la nuit, suivre une étoile, la regarder se déplacer, plus ou moins vite, en une courbe harmonieuse… A l’abri de mon swag, yeux grands ouverts, j’en fixe une qui me semble un peu plus grosse, un peu plus lumineuse… Les constellations d’ici sont si différentes de celles que j’ai l’habitude de contempler… Là aussi les étoiles naviguent, oui, mais je découvre avec stupéfaction qu’elles cheminent de droite à gauche, à l’inverse des étoiles de l’hémisphère Nord…

On finit tous par s’endormir ; le ciel est beau ; quelques hurlements d’une meute de dingos au milieu de la nuit… Mais le feu, autour duquel nous avons déplié nos couchages, éloigne bêtes sauvages et insectes, scolopendres, scorpions, serpents… Du moins le croit-on !

03h30. Le son d’une guitare nous réveille doucement. C’est l’heure de se lever. Le feu est clair, flammes hautes et pétillantes. C’est la seule lumière. En ombre chinoise, Rhett, chapeau sur la tête, continue sa mélodie ; « Good Morning, everybody ! »…

5h00. Le campement est vide ; on a plié, rangé, déjeuné, nettoyé, enfilé shorts et t-shirts, et préparé les lunettes solaires, chapeaux, filets anti-mouches, et de l’eau, encore de l’eau… Dernière vérification, à la lumière de nos frontales. Et c’est reparti.

Piste ; brinquebalement… On va voir le lever de soleil sur Uluru.

On est loin d’être les seuls ! Des dizaines de touristes se pressent pour voir « le » lever de soleil. Une éclipse de lune rend le moment un peu magique. Du côté opposé à la roche couvée par les regards, les herbes du désert prennent des couleurs dorées… C’est vraiment beau. Et ce sera comme ça pendant cinq jours : d’un campement à un autre, le dernier étant le plus spartiate (seules quelques pierres pour délimiter l’emplacement du feu font office de « meuble », ou « d’abri »…). Pistes, creeks à secs, parkings brûlants, pas d’ombre, des litres d’eau, de « gatorade », « ginger beer », sable rouge, terre, pierres, roches, traces de feu…

Ici, on pratique la politique du « feu maîtrisé » : en fonction de la chaleur et du vent, le feu est mis -ou pas- dans un secteur déterminé ; les herbes sèches et les écorces brûlent ; la terre est ainsi nettoyée, et un incendie sauvage ne pourra pas s’y déclarer. Autre avantage : l’herbe qui repousse après les brûlis est verte et tendre. C’est un mets très apprécié des kangourous, et les aborigènes, friands de ces mammifères, savent ainsi où les chasser…

On marche dans des endroits magiques, marches plus proches du trek que de la promenade, mais il fait si chaud, trop chaud, 3 heures de marche au minimum sur des sentiers abrupts, soleil incandescent, pas d’eau… Et le guide, Rhett, de nous expliquer la faune, la flore, l’histoire de la région…

Petite pause « pomme/orange » à mi-parcours, et on repart… L’eau des gourdes est devenue chaude ; elle pourrait servir de douche ; d’ailleurs, c’est ce qu’on fait ; trop désagréable à boire, on la fait couler sur le visage…

Les paysages que l’on découvre valent bien l’effort ; mais que c’est dur ! Challenging, comme ils disent. La chaleur est intense, violente… On se désaltère, on verse de l’eau sur le corps, les cheveux, les chapeaux, les t-shirts.

De l’eau, toujours de l’eau. 1 litre par heure et par personne. On part, bouteilles chargées au maximum : à l’arrière du véhicule, une réserve d’eau que l’on remplit chaque jour dans les points d’eau potable, et dans laquelle on glisse un sac de glaçons sortis de la glacière, posée dans la remorque. Et les mouches. Ce n’est pas encore la pleine saison, mais bon sang qu’elles sont agaçantes, collantes…

Au hasard des routes ou des marches, on croise quelques kangourous, dingos, wallabies, des vols de « badgies », mini perroquets vert tendre et jaune anis, toujours en groupe, patrouille volante, meeting aérien permanent, en piqué ou virages gracieux, des « thorny devils », sorte de gros lézards whisky à crêtes multiples, des perroquets, rouges, verts, vert et bleu, et des crimsy parrots, des cacatoès, et puis des « long-tailed devils », un lézard, encore un, très grand, très long, qui se dresse sur ses pattes pour se déplacer…

Sans oublier l’affreux criaillement des corneilles qui sont partout, zones sèches ou pas, les taureaux et les vaches, grands troupeaux laissés en liberté sur 1 million de km² qu’ils partagent avec des hordes de chevaux sauvages, élégants, racés, et des dromadaires, « importés » du Moyen-Orient au XIX° par les chercheurs d’or…

On s’est -et on a- posé la question : comment rassembler les troupeaux dans cet espace si vaste ? Assez « simple », en fait : les points d’eau où peuvent s’abreuver les bêtes étant assez rares, il suffit d’assécher les points extrêmes ; les animaux vont ainsi se rapprocher des points d’eau plus centrés, et ainsi de suite, d’asséchement en asséchement, la périphérie de la zone se rétrécit jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul point d’eau. Le bétail est alors rassemblé !

Le sable, les roches, la végétation… On n’en finit pas de s’étonner, s’enthousiasmer, admirer, s’émerveiller… Violine, cramoisi, ocre, brun, chocolat, rose pastel, fuchsia, jaune, mauve, orangé, céladon, myosotis, crème, blanc, paille, or, cuivre, mauve, rose indien, Crimson, orange vif, tabac, gris, havane, ambre, jade, tilleul, sable…

Veinée, unie, marbrée… La roche s’expose, plus belle et plus éclatante qu’une toile de Maître… Et à cette palette aux infinies nuances qui se plaisent à jouer avec la lumière, s’ajoutent les verts tendres ou froids, anis, jaunes ou bleutés, grisés, des feuilles d’eucalyptus, grass-trees, desert oaks, widow-makers, herbes dorées, cactées, buissons épineux, les roses du désert, fleurs mauves au cœur pourpre, et d’autres petites fleurs, très fines, petites, qui ont éclos quelques heures après le gros orage de jeudi soir……

On rencontre parfois, sur la Stuart Highway, longue route goudronnée qui joint Darwin à Alice Springs, des « road trains », long camions pimpants malgré la poussière, très hauts, très larges, et tirant trois longues remorques…

Les pistes ne sont accessibles qu’aux 4X4. On les a beaucoup empruntées, pendant ces cinq jours « d’aventure » en Australie centrale, parfois « animées » par de mini tornades spontanées qui tourbillonnent en soulevant des nuages d’une poussière couleur brique…

Uluru, le célèbre rocher, et le centre culturel aborigène où sont vendues beaucoup de toiles… Lieu sacré, tabou. Pas de photos. Le centre est décoré de dessins traditionnels aux couleurs naturelles : les ocres, bruns, violines, rouges et orangés déclinés sur les sites.

Sous l’auvent d’une boutique-galerie d’art, deux aborigènes sont en train de peindre, assis à même le sol… Ils ne relèvent pas la tête et ne répondent pas au bonjour ; au contraire, ils saisissent un panneau «no photo », et le mettent bien en évidence. Ici, ils sont chez eux ; ils dialoguent avec leur peinture, leurs traditions, leur histoire. Les touristes qui passent, ça les dérange…

On ouvre et se partage une bouteille de « champagne » devant le coucher de soleil sur Uluru. Comme tous les autres groupes de touristes. Je ne sais pas bien pourquoi, d’ailleurs ; il y a des couchers de soleil qui sont diablement plus spectaculaires !

La Vallée des vents, Katatjuta… La rando suit un moment le lit d’une rivière –à sec, bien évidemment !- : cailloux plus ou moins stables, mêlés de terre et sable rouges qui réverbèrent la chaleur déjà trop forte… Paysages extraordinaires de couleurs contrastées et multiples. Kings Canyon, marche difficile à cause de la trop grosse chaleur (42°) et le dénivelé important et rapide. Le groupe se sépare en deux : les « forts », qui montent sur la crête du canyon, et nous autres -5, dont moi-, qui faisons la marche plus courte et plus plate de Kings Canyon Creek…

Le lac salé, animé de milliers de cristaux blancs qui brillent sous le soleil. Et le long du «lac», des touffes d’herbes dorées et légères, à perte de vue ; un champ d’or…

Ormiston Gorge, avec quelques ondées -chaudes-, et des nuages bas qui rendent la température plus supportable. Roches taillées en grandes marches d’escalier qui se serait incliné à 45°… Couleurs, comme toujours, magiques.

En chemin, des « widow-makers », énormes eucalyptus au tronc creux, qui tombent d’un coup, sans qu’on s’y attende, des buissons de pétulantes roses du désert, quelques «whiptail lizards», sorte de gros lézards, dont l’un, assez grand, se dresse sur la pointe de ses quatre pattes et se déplace avec souplesse. Et une piscine naturelle dans laquelle on se baigne avec délice, après près de 4 heures de marche.

Ochre Pits, réserve naturelle de terre à peinture dont se servent les aborigènes. Rhett nous fait une démonstration : un peu d’eau versée sur un galet plat, sur lequel on dépose la pierre de la couleur choisie, écraser, frotter, tremper le doigt, dessiner…

Encore une piscine naturelle dans un cadre à faire pâlir d’envie les publicitaires…

Pistes. 150 kms non-stop, parfois. Poussière, chaleur. On colle. Ramassage du bois pour le feu du soir et du petit déjeuner, installation du camp. Pas d’eau. On colle…

Repas, vaisselle « spartiate ». Guitare, feu de camp, swags dépliés. Toilettes-buisson. Il fait très chaud. Et pas d’eau…

Dernier jour : Stuart Well. Jim nous accueille dans son bar et nous raconte son histoire, celle de son père, de son grand-père, pionniers sur cette terre où il n’y avait rien et dans laquelle ils ont construit, à la force des bras, avec beaucoup de volonté malgré la chaleur, le manque de moyens et pas d’eau, les pistes que l’on emprunte aujourd’hui pour aller sur les sites que l’on vient de visiter ; et qui ont creusé, à Kings Canyon, des marches, rendant accessibles l’escalade sur la crête…

Terres qu’ils ont arpentées et fait découvrir aux rares touristes, des années 60 aux années 80, jusqu’à ce qu’ils soient expropriés et que l’Etat en devienne propriétaire… Tristesse et amertume dans la voix. Mais Jim est connu aussi à travers sa « mascotte » : un dingo, qu’il a recueilli tout bébé, alors que les autres de la meute avaient été empoisonnés. Il nous parle des dingos, nous présente un film, dont « Dinky » (le dingo) et lui sont les héros…

Les dingos ont tous le même ADN, nous dit-il. Ils sont tous apparentés, et d’ailleurs, ils sont tous identiques, taille, couleur, taches sur le pelage. Mais « Dinky » doit sa célébrité à autre chose que son histoire de bébé orphelin : Dinky aime jouer du piano en « chantant », c’est-à-dire, en hurlant, comme les loups ; car les dingos ne savent pas aboyer ; apparentés aux loups, ils vivent en meutes et hurlent…

Sur la proposition-injonction de Jim, je me mets au piano… Le piano, un vieux bastringue tout désaccordé, qui couine et crécelle, déraille et laisse parfois fuser, on ne sait par quel miracle, une note claire et joyeuse… Et voilà que Dinky, tenu en laisse d’une main ferme par Jim (« les dingos restent sauvages et sont totalement imprévisibles », avait-il dit ; « il est très docile, mais on ne sait jamais… Surtout, ne le touchez pas, ne lui parlez pas, ne le caressez pas »…) Rassurant, non ? Donc, voilà que Dinky saute sur le clavier (pas étonnant que le piano joue faux), et de ses pattes avant, frappe une touche, puis une autre, tout en hurlant de contentement… Et c’est ainsi, je joue (euh… je frappe des touches, plutôt !), et Dinky m’accompagne, s’arrête parfois de jouer, me renifle, pose son museau sur ma tête, sur ma joue, pendant que, imperturbable (la chaleur doit ramollir le cerveau et faire perdre une bonne dose de raison), imperturbable, donc, je continue à tenter quelques notes harmonieuses…

On part pique-niquer à Ochre Valley, sur le territoire de Joy, une aborigène « sang-mêlé ». Après s’être rapidement restaurés (et abreuvés : il fait 43° à l’ombre, ce jour-là), elle nous conduit vers des roches argileuses où sont entremêlés un nombre incroyable de différents fossiles marins. La mer était là, à la place de cette terre aride et rouge, il y a 400 millions d’années…

Joy nous parle de ses plantations d’oliviers, des plantes comestibles, des arbres aux épines « guérisseuses » (genre d’acupuncture), nous emmène plus loin, sur un autre chemin de terre, nous montre des peintures faites d’ocre pilée et de terre rouge, initiation des enfants, roches lieux de repos, nous parle de sa culture, de ses croyances, de ses ancêtres, du «savoir », de sa terre… ………………………………………

Les cinq jours dans « l’outback », c’est tout ça et tellement d’autres choses encore ; les odeurs des eucalyptus, les desert oaks, ces arbres au tronc très fin caché par leurs longues et fines branches qui le cachent et le protègent jusqu’à ce que ses racines soient assez fortes pour affronter la chaleur extrême… A 20 ans, l’arbre ressemble à un jeune scion juste planté en terre. A 500 ans, c’est un arbre majestueux, au branchage équilibré, au léger feuillage vert tendre qui lui donne l’air d’être heureux…

Et des pique-niques au bord de « piscines », trous d’eau, BBQ, feu de bois tous les soirs et tous les matins, douche dans le bush à l’aide d’un chauffe-eau à bois, lequel sera là seulement pour le folklore : l’eau « froide » étant déjà à 35° environ, on s’en contente…, sandwichs, salades, pauses « ombre », mini-shops-cafés où se procurer d’autres bouteilles fraîches, eau, ginger beer, « gatorade », toilettes moins rustiques que les traditionnels buissons épineux et… clairsemés ! … ………………………………………….

La piste défoncée qui nous a ramenés à Alice Springs n’a pas réussi à casser le 4X4. Pourtant…. Chacun retrouve son hôtel. Deux heures pour se décrasser, rafraîchir ce qu’on peut dans les vêtements portés dans l’outback (certains sont irrécupérables), se désaltérer (chaud, toujours trop chaud, même pour les locaux, c’est dire !) avant de se retrouver, tous, devant un dernier verre, une dernière assiette, au pub du coin, le « Bojangles », lequel vaut son pesant d’or ! Tout y est : le bois, les bruits, les tables et chaises, bancs, bières, affiches, tonneaux, chapeaux, vieux outils, dans un beau faux désordre réparti sur une immense salle en « U »… Ce qui permet à la serveuse, un peu étourdie, de servir une partie de notre commande à une tablée de joyeux drilles arrivés là un peu plus tard, installés devant le comptoir, tablée qui s’est empressée de s’empiffrer sans rien dire… et sans payer (ici, on paie à la commande, au comptoir…).

Dimanche matin, 18 novembre

On retrouve une partie de la troupe à l’aéroport, qui pour Sydney, qui pour Darwin et nous pour Melbourne… Un dernier verre… Il ne fait « que » 39°, ce matin…

Dimanche, 16h00

Prise en charge de notre véhicule à l’aéroport de Melbourne. 18°. Il fait froid. On a pris un GPS, cette fois… Et je crois qu’on a bien fait !!!

Soirée balade dans le centre de Melbourne, tout près de notre hôtel. Mélange de bâtiments à l’architecture ultra-moderne et d’autres, en brique, assez bas, style XIX°… Rues animées.

Pulls, blousons de mi-saison, écharpes, collants… L’aventure « désert rouge » est terminée…

Melbourne et la Great Ocean Road

Lundi 19 novembre

Le bord de mer est un plaisir des yeux ; l'eau bleu-vert, très gaie, semble fraîche. On traverse Geelong, jolie ville aux maisons de style colonial. Les rues sont propres, le front de mer aménagé. Des fleurs partout, des jardinets aux roses de couleur tendres et tellement parfumées qu'on se croirait dans un conte de fées !

Wallabies à Anglesea, sur le terrain de golf... Ils broutent tranquillement, sans se préoccuper des joueurs, lesquels sont tenus de faire attention : les animaux sauvages sont protégés, et la loi est sévère pour qui en blesse un...

Détour pour admirer le phare de Split Lighthouse, dans le Otway Park... Les eucalyptus embaument mieux que jamais et leurs troncs blanc et ocre-grisé s'élancent sur un fond de mer turquoise.

Et puis voilà ; on nous avait dit qu'à Kennett River, ils étaient souvent là... les koalas. Et aujourd'hui, ils y étaient. Installés en haut de gros eucalyptus, ils se reposaient, grosses peluches aux petites pattes fermement posées autour des branches qui leur servent de relax... Et criaillant et voletant en tous sens, des canards sauvages, des cacatoès blancs à crête jaune, des perroquets de petite taille, rouges et bleus mouchetés de noir, et d'autres, très grands, vert et rouge, et encore d'autres, vert, rouge et bleu...

Soirée à Apollo Bay ; une quinquagénaire s’entraîne sur un terrain de jeu de boules ; ici, en dehors de la pétanque, modérément appréciée, on joue à la boule de céramique, grosse boule au poids déséquilibré, que l'on fait doucement rouler, un peu comme la "boule de fort", à Cléré-les-Pins... Une différence cependant : en Touraine, la boule de fort est jouée sur une piste en bois, en salle. Ici, le jeu se pratique en extérieur, sur un terrain planté d’une pelouse rase, à l’anglaise…

Mardi 20 novembre

Les fougères arborescentes de la « rainforest » semblent minuscules vues d’en haut… On a pris la « Otway Fly Tree Top Walk », et nous voilà parcourant une partie de la forêt, à hauteur de la canopée… Les « myrtle beeches » et les « Black woods » sont immenses. Car même grimpés à 45 mètres de hauteur, leur cîme nous dépasse…

La forêt d’eucalyptus qui borde le Pacifique vers la « Cape Otway Lighthouse » (le phare le plus au sud de l’hémisphère sud) couvre toute une partie du Otway Park. Des dizaines de koalas y coulent une vie paisible. On est resté presque une heure à passer d’un arbre à un autre, d’un koala à un autre. Moins haut perchés que ceux que l’on a vus hier, ils se laissent photographier et filmer sans broncher. On assiste aux bâillements, étirements, au repas de tendres feuilles d’eucalyptus, et même, un bébé sur le dos de sa mère, qui entreprend soudain de monter seul sur la fourche supérieure…

On file maintenant sur Port Campbell… En chemin, on s’arrête admirer les falaises et autres promontoires encerclés par la mer, comme les « 12 Apôtres ». Ilots calcaires très haut, à la base fragilisée, mangée, rongée, par le vent, la pluie, les vagues…

Port Campbell… Une station de surf autour d’une cinquantaine de maisons, des motels (4), des cafés (2), une pizzeria (chez Nico !), une brasserie, un restaurant, un breakfast house, deux take-away, deux supérettes dont La Poste, des touristes (peu), des surfeurs…. Et des vagues, une crique, le vent…

Mercredi 21 novembre

Nous voilà de retour à Melbourne. Pour venir, nous avons pris le chemin des écoliers. Pas de highway directe, mais des routes de campagne ; lacs, prairies aux immenses troupeaux de bovins, fermes, et une ville qui a gardé son architecture XIX°, au temps de sa splendeur, au temps des mines d’or : Ballarat.

Ce matin, bien avant le petit-déjeuner, nous sommes allés faire quelques petites marches sur les cliffs plus à l’ouest de Port Campbell, voir le soleil levant illuminer, embraser les couches jaunes, blanches, orangées et ocres…

Arrivés sans encombre à Melbourne (même hôtel que dimanche dernier), nous avons eu vite fait de nous débarrasser de nos bagages et de partir, nez au vent, dans les rues de la ville. On a d’abord fait le tour complet du centre historique, installés dans un des vieux tramways –français !, qui proposent le circuit. Puis, un petit tour dans le quartier chinois, sans grand intérêt, et enfin, le « Market », marché qui a lieu tous les jours jusqu’à 14h00, sauf les mercredis et dimanches où il n’ouvre que le soir, à partir de 17h30.

Marché-foire, où l’on vend un peu de tout, lieu de rencontre et surtout « fast food » de tous pays (il y a la queue devant chaque stand, et on en a dénombré plus d’une trentaine, tous proposant une spécialité d’un pays particulier), ambiance colorée, population très jeune, joyeusement bruyante, musique, rassemblements çà et là, churros, bonbons, bijoux, groupes de filles, couples, mères de famille et leur marmaille, costumes-cravates, vente de bougies, de jus de fruit, pommes, pierres semi-précieuses, vêtements indiens, foule bigarrée dans les allées, devant les stands, autour des tables du « food court »…

Jeudi 22 novembre

On a remonté Collins Street, la rue « chic ». Hôtels de luxe, boutiques griffées, Australiennes habillées « fashion », et des chaussures très « style », de toutes les couleurs, fines, hautes, marchant sur les trottoirs, sautant dans les taxis, se balançant doucement au bout de jambes croisées à la terrasse d’un café, ou sur les étalages, derrière les vitrines, sur des présentoirs…

Nous, en tatanes de marche, sacs à dos et pantalon de rando, look plus touriste que branché, on a arpenté les rues, le National Art Center, pris le « tourist shuttle », sillonné le Jardin Botanique où la plus grande des curiosités, devinez quoi ? Les dizaines de touristes chinoises qui prennent des positions "magazine de mode" ou "en vedette aujourd'hui" pour se faire photographier… Yi, er, san.... clic, c'est dans la boîte !

Ce soir, on refait les valises, et demain, départ pour Newcastle via Canberra…

Newcastle, 24-30 novembre 2012

Petite ville balnéaire qui s’étire le long de la baie, Newcastle est pleine de charme ; beaucoup de maisons anciennes, de l’époque victorienne. On y arrive, en venant de Sydney, par une highway qui passe entre mer et lacs ; c’est une autoroute un peu particulière que cette « ocean view highway » : on traverse de petites agglomérations animées, ensoleillées, où les mots « vacances sur la côte vendéenne » (Les Sables d’Olonne) particulièrement à « The Entrance », viennent à l’esprit…

Nous étions arrivés tôt à Newcastle, où nous avions réservé (et payé) une chambre-appartement dans un hôtel près du port. Tôt, parce qu’on nous attendait, à deux pas de là, pour un BBQ-retrouvailles avec Alex, un des gosses que nous avions hébergés en juin 2011, et ses parents, chez un couple d’amis à eux. Tôt, parce qu’on voulait prendre le temps de poser les valises, lancer une lessive, prendre une douche, se changer, et faire un tour sur la promenade du bord de mer…

Arrivés à destination, surprise, surprise. Pas de signe d’hôtel ou autre résidence de vacances, mais une minuscule maison fermée, à l’aspect délabré. Et personne. Un numéro de téléphone sur le papier de réservation-confirmation, mais Jacques ayant égaré son mobile, et pas de café, échoppes ou quoi que ce soit à proximité, on se trouvait bien ennuyés…

C’est alors que Scott, le fameux ami des parents d’Alex, ayant entendu une voiture se garer –la nôtre-, est sorti sur le trottoir de la contre-allée : il habite effectivement « à deux pas », sa maison –chouette, celle-ci-, se trouvant au numéro 100 de la rue, et notre hôtel fantôme au numéro 98…

Ma grosse colère et quelques coups de fil plus tard, on nous redirigeait vers un autre appartement-hôtel, de grand luxe, cette fois, et bien réel, directement situé sur la promenade…

Soirée charmante, en compagnie d’Alex, ses parents Stuart et Cathy, chez leur ami Scott. Bavardage autour d’un saladier de crevettes, puis BBQ familial, salade mêlant légumes et fruits secs, pavlova en dessert… Alex, qui s’est cassé l’os du coup de pied en jouant au foot, garde son sourire et sa bonne humeur ; il se déplace avec aisance malgré ses béquilles et piaffe d’impatience : plus que 5 jours, et il est déplâtré ! Avant de se séparer, il nous offre un koala en résine, à placer dans le jardin, au pied de l’eucalyptus…

Il fait toujours aussi lourd, le lendemain dimanche. Notre voiture chargée et garée devant le pavillon de sa fille, Stephen, heureux de nous retrouver sur « ses terres », nous embarque dans son Toyota.

Figure locale, sans doute, car à chaque stop, à chaque feu rouge, à chaque ralentissement de rue, il se trouve quelqu’un pour saluer notre avenant Stephen, toujours joyeux, rigolard, s’esclaffant, plaisant.

La côte, les piscines creusées dans la roche par les « convicts », au XIX°, les maisons victoriennes, Swansea, Pelican beach, The Entrance… Toutes de petites stations de bord de mer, très prisées des Australiens ; vagues pour les surfeurs, climat douceur – et chaleur -, ensoleillement maximal, longues plages de sable fin, criques, baies multiples, dauphins, pélicans, une multitude de bateaux de plaisance, quelques hôtels de luxe le long de la promenade…

Midi.

On nous attend, pour le lunch, chez Brian et Margaret, artistes ; lui, "silversmith» (orfèvre), m’offre un bracelet, qu’il met à la taille de mon poignet ; il le choisit parmi le coffret de ses œuvres, cuillers et fourchettes, transformées en bijoux… Sobre, élégant, très original, et pièce unique… Il expose un peu partout, New York, musée de l’Art à Canberra, … ; elle, peintre, enseigne aux Beaux-Arts de Sydney. Elle me montre son studio, ses toiles récentes. J’aime. Le temps passe très rapidement. Il est déjà 15h30. Il nous faut partir ; dommage.

Petit temps de repos chez Stephen, une douche, et c’est reparti pour un dîner-soirée-retrouvailles dans son café-bar-hôtel-brasserie. On y retrouve Alex, sa sœur et ses parents, Alina et toute la famille, Amrit et Manuel, Christine et son époux, et puis Jim, le second coach, bref, tous ceux que nous avions rencontrés à Penmarch lors du Mondial Pupilles de 2011. Animé, bon enfant, un peu bruyant, fatigant…

On passe la nuit chez Christine, à Corlette, banlieue de Port Stephen, à une grosse heure de voiture de Newcastle. Maison immense, à l’américaine… Confort, convivialité, innombrables pièces très vastes… et superbes peintures d’inspiration aborigènes, réalisées par Christine.

Lundi matin. Je n’ai pas remis mon téléphone à l’heure d’ici ; j’ai toujours mon heure et demie de décalage d’Alice Springs… Et c’est ainsi que je m’étonne qu’à 4 heures du matin, il fasse déjà grand jour… et si chaud !

Christine et Jarod, un des enfants, nous emmènent grimper au sommet de la colline (181 m) qui se dresse et culmine à la pointe de la baie. Escaliers, escaliers… Avec la touffeur, c’est dur !!! D’en haut, on découvre la baie à droite, le lac à gauche… Eau émeraude et saphir... Sable blanc, palmiers, eucalyptus, cacatoès, perroquets, pélicans, hérons, aigrettes et cormorans…

On est à peine redescendus que Stephen, Rolly, et Stuart surgissent du parking ; vite, vite, le bateau nous attend… Ah ? Nous partons donc en « croisière » sur la baie ; 1 heure de traversée à travers Shoal Bay et Nelson Bay, jusqu’à Tea Garden. Quelques dauphins viennent sauter vers nous ; beaucoup d’oiseaux, et encore et toujours, des pélicans ; ailes étendues, ils planent en formation serrée, atterrissent d’un coup et regardent, dédaigneux, les touristes qui les photographient…

Ce soir, retour à Newcastle, dans un hôtel au bord de l’eau… La chambre domine la plage, la baie. Sable doré, eau transparente ; il y a des baigneurs jusque tard le soir, et dès 6 h du matin ; et des « runners », bien sûr, qui courent sur le chemin côtier aménagé… Et dans l’océan, au ras des vagues, sur la crête de l’eau, les surfeurs…

Mardi matin, 27 novembre

Debout de bonne heure : Jacques va partir pêcher pour la matinée, dans un lac salé : Lake MacQuarie.

Pendant ce temps, je parcours quelques galeries d’art avec Christine et sa maman, chez qui nous faisons la pause-café ; délicieuse « vieille dame » très dynamique, élégante, gaie… Sa maison lui ressemble ; et partout, des dessins-tableaux faits par les petits-enfants, et dans le jardin, des mosaïques et des totems réalisés en famille ! Accrochés aux fenêtres de multiples vitraux réalisés par la maîtresse de maison…

Entre des allées de jacarandas mêlés aux illawarra flame trees (brachychiton acerifolius), ces arbres aux « pendentifs » rouges, je découvre des sculpteurs et peintres contemporains – John Coburn (Dark Descent, 1986), Brett Whiteley, Owen Yalandja, …

Lunch à la galerie d’Art (Lake Macquarie Art Gallery) où Jacques nous rejoint. Puis Christine nous ramène à Newcastle ; une bise, à demain… et nous passons tous les deux l’après-midi dans le parc-réserve… Koalas, wallabies, kangourous gris et kangourous roux, oiseaux de toutes les couleurs, wombats, oppossums, …. Une balade dans la forêt d’eucalyptus, et on rentre, un peu épuisés… Demain, on part pour les « vineyards »…

Mercredi 28 novembre

On suit Stephen. Une grosse heure de route plus tard, on arrive à Morphet, joli village du mi-XIX°. Maisons de style victorien, boiseries, boutiques « d’antics », d’ours en peluche, pains « à l’ancienne », bonbons et autres confiseries, chapelier, vêtements, galeries d’art….

Stuart, sa fille et Alex arrivent en même temps que nous, suivis de près par Christine.

Pause-café-breakfast. Puis Stephen doit partir ; un petit tour de la bourgade, et c’est au tour de Stuart et des enfants. On fait nos adieux ; on ne les reverra plus…

Christine en tête, on part pour une autre grosse heure de route ; on arrive ainsi aux Hunter Valley Gardens. Il est déjà midi et demie… Visite au pas de course de tous les coins et recoins du jardin, dont une jolie roseraie où sont installées des sculptures « enfants et grand-maman », mais aussi un espace « livres de contes », féérie pour petits et grands. C’est également là que l’on viendra ce soir, avec Amrit, pour le « Christmas Spectacular », un voyage en lumières sur le thème de Noël…

Pause-déjeuner -14h30 !- chez Amrit.

Amrit, de père Indien et de mère Russe… Des Bouddhas, des meubles indiens, des tentures, … un ensemble coloré et chaleureux, comme Amrit, Manuel, son époux (espagnol), et les enfants, Marcus et Romina…

Petit tour dans les environs, miniers, où l’on extrait des tonnes de charbon, transporté par voie ferrée jusqu’à Newcastle, puis chargé sur des bateaux en direction de la Chine, le plus gros importateur…

Et puis, la nuit tombée, retour dans le Hunter Valley Gardens pour assister au « Christmas Spectacular » qui, comme son nom l’indique, est une gigantesque mise en scène de décors lumineux dans tous les coins et recoins du parc. Allées balisées par de petites lanternes, sapins de lumière, banderoles étincelantes, carrosse de Cendrillon, maisons de contes de fées habillées d’une multitude d’ampoules blanches ou de couleur acidulées, musique d’ambiance, carols, …

Jeudi 29 novembre

« Le train de la mine », long serpent de 80 wagons, n’en finit plus de rouler vers Newcastle. Fort heureusement, un pont en service depuis quelques mois seulement, enjambe la voie ferrée. Ouf !

La matinée se passe en dégustations de « Champagne », « Sauvignon », « Chardonnay », « Chiraz », « Pinot gris »…. Les vins sont souvent un peu surprenants, trop verts, peu fruités, et les appellations semblent bien loin de leur cépage d’origine…

On déjeune « chic » sur la terrasse d’un restaurant qui domine un golf ; la touffeur est telle que les ventilateurs extérieurs fonctionnent à plein régime…

Puis Amrit nous fait visiter des constructions plutôt « folie des grandeurs », façon hacienda, ou façon « chaumière de France », quand ce n’est pas un ancien couvent, déplacé pierre par pierre pour en faire un « resort » de luxe. Dans le périmètre immédiat du golf, une résidence privée accueille les constructions des particuliers, immenses maisons aux multiples ailes et terrasses, avec piscine et multiples garages (pour les voitures, pour le buggy du golf, …). C’est immense, massif, laid, sans doute confortable, mais ça ne me suscite pas d’autre réaction que l’étalage de ses richesses… Je n’aime pas.

Petit tour à la fromagerie (si, si !) où on déguste une douzaine de fromages différents, à base de lait de chèvre (il y a un élevage « tout près »). Certains sont vraiment délicieux… Dommage, on reprend la route demain matin, et la chaleur est telle qu’il est impensable d’en emporter un pot, ne serait-ce que pour déguster à Sydney.

15h30. On file récupérer Romina et Marcus. L’école est terminée pour aujourd’hui.

Sur la place de Singleton, on contemple les arbres –jacarandas, illawarra flame trees, eucalyptus, Norfolk pine trees, tous envahis par des centaines d’immenses chauve-souris… Beurk !

Tea-time autour d’un verre d’eau fraîche et d’une « Christmas fruit tart »… Et coup de fil à Damien, ou plutôt, à son répondeur, pour lui souhaiter un bon anniversaire… Mon « petit garçon » a trente ans ce matin…

On attend Manuel ; on va dîner dans le restaurant d’une amie d’Amrit, où on retrouve d’autres amis du couple… Diner un peu curieux, mais si sympa ! Le thème se décline autour des fruits de mer, huîtres crues, huîtres cuites avec sauce aux lardons ( !), un peu étrange mais pas désagréable, moules, grosses crevettes en tempura, beignets fins de calmars, fleurs de courgettes en tempura, salades, et d’autres choses encore, mais… j’ai oublié !

La fin du voyage approche … Demain matin, on part pour Sydney…

Amrit, Christine, Stuart, Stephen… et leurs familles… Des gens sympas, chaleureux, qui nous ont fait vivre une semaine « à l’Australienne », et avec qui on a découvert une région peu fréquentée des touristes…

Sydney, 30 novembre 2012

La chambre d'hôtel située au 14° étage ne poserait pas de problème si les deux mini ascenseurs qui le desservent ne mettaient pas des siècles à arriver quand on en a besoin... Mais ce n'est qu'un inconvénient mineur ; placé en plein centre-ville, on peut sans problème se balader dans les différents quartiers, les rues animées, le port,...

Ensemble déroutant d'immeubles « art déco », XIX° ou ultra-modernes, le centre-ville est une fourmilière en perpétuel mouvement. On y croise des touristes, beaucoup, et puis des citadins, des sportifs, des gens qui se baladent...

Cheveux sages ou cheveux perroquet, rose fluo, vert cru, bleu pervenche, talons hyper hauts et paillettes, ou chaussures de cuir habillées, ensemble très classe et baskets aux pieds... C'est une ville un peu farfelue, animée, riante, bruyante, à l'esprit jeune... Et des centres commerciaux à n'en plus finir, vêtements et accessoires bradés, même les "couture", chaussures ultra-soldées (mais là, franchement, ça ne me fait pas rêver !), mêlés aux bureaux, aux cafés, aux marchands ambulants de fruits... La cité vibre....

Samedi 1er décembre

La pause-déjeuner dans une lointaine banlieue de Sydney a été plus qu’agréable : Gary et Barbara, venus tout spécialement de Canberra (5h30 A/R) pour un dernier adieu, nous ont emmenés déjeuner chez des amis franco-australiens. Petite maison entourée d’un jardin, ventilateurs à l’extérieur comme à l’intérieur… Une tablée sympathique où les discussions vont bon train, en français comme en anglais…

15h30. Ils nous ramènent à l’hôtel ; il fait toujours aussi chaud (la journée la plus chaude de la semaine, et ce n’est pas peu dire !!!), et l’humidité ambiante rend la touffeur encore plus désagréable ; on resterait des heures sous la douche…

Ce matin, nous sommes allé flâner au Paddington Market, un marché de créateurs où tout, ou presque, est attirant… Vêtements, tissages, orfèvrerie, bijoux fantaisie, écharpes, doudous, carterie, poterie, travail du cuir,… C’est étonnant : nous sommes les seuls étrangers.

Paddington, comme tous les quartiers périphériques, ne comporte pas d’immeubles hauts, mais plutôt une succession de petites maisons datant du début du XX°, fronton découpé, balustrades, rambardes et festons de toit en dentelle de fer peint… C’est d’ailleurs amusant, cette différence architecturale entre l’Europe et l’Australie… Mi-XIX°, on a d’un côté des immeubles cossus, néo-classiques, façon Haussmann, de l’autre, des constructions de style victorien. Fin XIX°, art nouveau en Europe. Début XX°, tout le monde passe à l’art déco…

16h00. Nous voilà repartis, baskets aux pieds, pour quelques balades dans Sydney.

Hyde Park, Botanic Garden, St Mary Church, très massive à l’extérieur mais si fine, si légère, si belle à l’intérieur, Opera House, les quais, la city, le quartier chinois, Paddy’s Markets, Darling Harbor. Des fontaines un peu partout, des gamins qui jouent sous les jets d’eau –il fait si chaud !-, les pelouses du Botanic Garden, constellées de citadins en mal de bronzage, ou qui se reposent, allongés, un livre à la main, les kiosques à musique loués pour un mariage, une fête de famille, une graduation party…

Car les jardins et parc publics, quand on n’est pas en France, c’est VRAIMENT fait pour le public. On y goûte la pelouse, la fraîcheur de l’eau, l’ombre des arbres… Sur la pointe extrême du port de Sydney, le Macquarie’s Point, une foule grouillante de post-ados, voire, jeunes trentenaires, se presse, soûlée par une musique assourdissante ; c’est le « Harbourside Event ». Garçons en short ou pantacourt, torses nus ou T-shirts débraillés, filles en tenue plus que provocante, ultra-mini-jupes et hauts … qu’on ne pourrait pas même qualifier de cache-poitrine…

Le périmètre est fermé ; les postulants à la soirée ont dû acheter leur billet ; à l’extérieur, la police et la sécurité veillent ; dans l’enceinte, c’est « alcool free ». C’est sans doute pour ça que des dizaines de bateaux privés, goélettes ou catamarans, se sont ancrés à quelques encablures du quai, face à la pointe, submergés par des dizaines de passagers qui profitent de la musique et de l’ambiance, sans restriction d’alcool…

L’Opéra fait recette ; les touristes sont là, et la fin de l’année scolaire ayant sonné, des flots de « graduates » convergent vers les salles climatisées où les tables envahies de verres à pied, nappes blanches et assiettes cocktail, les attendent. Les garçons en costume et chemise, le plus souvent de couleur sobre, les filles…. Euh, les filles… Les critères du «dressed» varient très probablement d’un continent à un autre… Robes longues, souvent, très échancrées, trop souvent, moulantes, hélas dans bien des cas, ultra-courtes pour d’autres, perchées sur des talons si haut, si haut, qu’il leur faut les enlever pour pouvoir monter les marches… Et les coiffures… Bibis pour certaines, assortis aux paillettes des chaussures ou du morceau de tissu qui sert de jupe, chignons sages ou cheveux longs brushés pour d’autres, et puis les inévitables excentriques en mal d’être reconnues…

On rejoint « Circular Quay » où l’énorme paquebot de croisière, qui mouillait hier devant le musée d’art contemporain, lève enfin l’ancre, masse de fer aussi haute que certains buildings du port, sorte de gros pâté sur le dessin harmonieux du vieux quartier « the Rocks »…

Et puis on redescend sur Pitt street et George street ; beaucoup de monde ; et tous plus ou moins « dressed » ; c’est bizarre, d’ailleurs, ces filles en robe du soir ou robe cocktail, talons aiguilles sur les pavés, par 36°C, à 6 heures du soir… Epaules et bras dégagés, jambes nues sous les jupes longues fendues très haut ou jupes aux genoux, et des tatouages, des tatouages, des tatouages… La plupart en couleur, très couvrants ; je trouve ça très laid. Mais enfin, je constate qu’ici, on a gardé le goût du « bien s’habiller » pour sortir, qui au restaurant, qui au cinéma, au théâtre, au concert, ou simplement pour aller prendre un pot, comme sur la marina de Darling Harbor où ce soir, comme tous les samedis jusqu’à Noël, on tire un feu d’artifice sur le plan d’eau…

Dimanche 2 décembre

Les voitures de police « Lustucru » restent discrètes ; « Lustucru », parce qu’elles arborent une large ceinture à damiers bleus et blancs, tout autour du véhicule. On en voit garées vers le Botanic Garden, où une voie routière est temporairement fermée à la circulation…

La nuit dernière, Sydney s’est fait bousculer par une bonne tempête : vent et pluie ; au matin, seul le vent subsistait, et un ciel chargé grisâtre a ramené la température à des degrés plus appréciables… Tant mieux.

On part pour la journée, sac à dos et chaussures de marche. On visite le New South West Museum où galeries aborigènes, australiennes, art ancien, avant-gardiste, contemporain, se partagent l’espace avec les toiles du XIX et XX… Sculptures de Degas, Rodin, toiles de Klein que, décidemment, je n’arrive pas à admirer, œuvres de Russel Drysdale, John Black, Karla Dickens, et exposition de détritus, chambres d’ado en révolte, box-étagères en contreplaqué lasuré « chêne », restes de penderie qui n’a pas trouvé d’issue dans un « second-hand shop », et pompeusement intitulé « la somnambule » (les robes sont pendues sur des cintres, et un ventilo les fait légèrement bouger… Toute l’astuce –et le génie !- se trouve là…) dont l’auteur (j’ai noté, pour être bien sûre de n’avoir pas rêvé) se nomme Rosslynd Piggott… Bref, un museum pour tous les goûts…

Mais on y découvre aussi un art assez nouveau, où toiles et videos entrent en interaction ; les œuvres bougent, vivent, ne sont plus figées ; elles évoluent. Dans une salle, une série de photos en noir et blanc ; des scènes aborigènes. Lorsqu’on s’assied devant l’une des photos et qu’on la regarde, elle se met à évoluer ; les personnages remuent, se déplacent, entrent en action, disparaissent, nous racontent une histoire… Quelle que soit la photo, cela fonctionne. C’est étonnant, émouvant, intéressant.

Circular Bay. On y prend des billets pour Watson Bay. Balade en ferry dans le port de Sydney, qui n’en finit pas d’aligner une succession de petites baies, avec de petits ports, de petites plages, de petites maisons… et parfois de grandes propriétés ! Regard sur l’Opéra, sur Harbour Bridge, sur les immeubles de Circular Bay… Vu du ferry, c’est vraiment chouette !

On est dimanche, aujourd’hui, et il y a foule. Les « Sydneysiens » ( ?) vont déjeuner en famille au bord de l’eau, dans les multiples « cafés fish and chips »…

Retour en début d’après-midi, et flânerie dans le quartier des « Rocks », après avoir fait un tour au musée d’art contemporain. Aux Rocks, il y a un grand marché ; là aussi, il s’agit de créateurs ; d’ailleurs, on retrouve certains étals que l’on a vus hier, au Paddington Market. Et puis, les nombreuses galeries, ouvertes le week-end, nous étonnent, nous ravissent, ou nous déconcertent…

Pause « ginger beer », et c’est reparti pour quelques kilomètres encore ; on reprend le ferry pour Darling Harbor, histoire de voir le port de Sydney côté nord, et c’est à nouveau le quartier de Darling, Paddy’s Market, et on finit par rentrer à l’hôtel en passant par un vieux quartier de Sydney où les maisons, étroites et typiques de l’architecture australienne « ancienne », datent de 1902 à 1905… Auvent de tôle arrondi, ferronneries aux balcons, balustrades, …

19h00. Il est temps de faire un dernier coucou aux proches connectés sur skype… Il faut boucler les valises. Demain, on rentre….

Lundi 3 - mardi 4 décembre.

Retour...

Un peu coincés dans le 747 qui assurait la liaison Sydney-Singapour, nous avons pu prendre nos aises, installés sur le pont supérieur de l'A380, pour les presque 13 heures de transport entre Singapour et Paris. Un géant que je reprendrais bien, ma foi : on peut y étendre les jambes, marcher dans les allées sans craindre de provoquer un bouchon, lire, écrire, dessiner, peindre, sans heurter son front au siège de devant, basculer son fauteuil sans risquer de se retrouver sur les genoux du voisin de derrière, bref, voyager le moins inconfortablement possible (parce qu'au bout de quelques heures, on regarde quand même avec impatience le temps qu'il reste encore avant d'arriver à destination)...

Vol sans encombre ; quelques turbulences, comme toujours, au-dessus des contreforts himalayens et des Carpates, mais l'avion est à la fois si gros et si doux, que cela reste anecdotique.

On se pose avec une demi-heure d'avance ; temps gris et humide ; 4°C... tout le monde enfile pulls et blousons, gants, écharpes, bonnets... Sur les peaux bronzées qui tout à l'heure encore parcouraient les allées de l’A380, jambes nues et t-shirt manches courtes, cela fait un peu bizarre ; cols remontés et zippés jusqu'au menton, tout le monde grelotte et se frotte les mains, l'une contre l'autre.

Roissy. Le terminal qui accueille l'A380 est aux confins de l'aéroport. Un dédale de tapis roulants, d'escalators qui montent et qui descendent, et quelques couloirs plus tard, on arrive enfin dans un premier hall où sont déchargés les bagages ; ce n'est pas le bon, bien sûr ; il faut aller plus loin encore.

Enfin, nous voilà, nos sacs et valises entassés sur un chariot. Et chance, il se trouve un train pour rentrer à Quimper, beaucoup plus tôt que celui qui était prévu... Un petit tour aux toilettes a confirmé que nous étions bien en France… Une « marque de fabrique » dont on se passerait bien…

9h48. Tout l'aérogare semble partir par le train de Rennes... Des dizaines de voyageurs, traits tirés sous le hâle, yeux cernés par une probable nuit en avion, monticules de bagages à la main ou poussés par le pied, s'entassent devant la voiture 13. Pourquoi la voiture 13 et pas une répartition dans les autres ? Ça, j'aimerais bien le savoir... Mais une chose est sure : on a tous un billet pour la voiture 13... Et seulement 2 minutes d'arrêt sont prévues ; résultat : au bout des deux minutes réglementaires, seul un tiers a pu monter dans le train, cherchant désespérément où mettre les encombrants bagages...

Et l'annonce de se faire entendre : "le TGV 5211 à destination de Nantes, Rennes, va partir ; attention à la fermeture automatique des portières". Et le contrôleur, sur le quai, de siffler... Bien entendu, on a continué à s'entasser, se pousser, s'engager sur cette plateforme où une montagne de bagages enchevêtrés formaient un barrage infranchissable...

Certains voyageurs coururent vers la voiture 12, dont la porte était la plus proche, pour monter dans le train... Et le contrôleur, derrière les voyageurs encore à quai, et qui faisaient leur possible pour monter valises, enfants, et eux-mêmes, de dire "dépêchez-vous, le train part !"...

L’arrière-train de la dernière personne à peine hissé sur le marche-pied, les portes claquaient et le train s'ébranlait... Je n'ai jamais rien vu d'aussi stupide que cette volonté de ne pas répartir les clients sur le train, sachant qu'à Roissy, il est évident que tout le monde est chargé...

St Gué, 5 décembre, 6h00

On a attendu avant de se lever… Il fait encore nuit noire, et j’entends le vent… En ouvrant les volets, l’air marin humide a réveillé ma « mémoire d’ici »… La « vie normale » va reprendre…

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