Polémique, polémique…

Publié le par Muriel Bayet

Il y a les « pour » la grâce présidentielle et donc, l’intervention de Hollande dans « l’affaire Sauvage », et puis, il y a les contre, ceux qui pensent que les juges ayant par deux fois statué sur son sort, il n’y a plus rien à dire.

Difficile de se faire une opinion vraiment objective. Il est certain que, si un jugement « populaire », et qui plus est, confirmé en appel, peut à tout moment être désavoué par le chef de l’Etat, on peut se poser des questions sur l’indépendance du pouvoir judiciaire.

D’un autre côté, on peut se poser également des questions sur la légitimité d’un jugement rendu par des êtres humains, manipulables et influençables, comme tout un chacun, en fonction de la présentation des faits vus sous un angle plutôt que sous un autre…

La légitime défense est trop souvent confondue avec l’auto-défense spontanée et immédiate face à une agression physique.… Mais n’y a-t-il pas légitimité de la défense, dans l’acceptation du terme synonyme de « juste », lorsque l’agression est si sournoisement psychologique, qu’elle tourne à l’obsession cauchemardesque de la victime ?

Et comment quantifier, lorsqu’on est « à l’extérieur », le degré de terreur des souffre-douleurs face à leurs tourmenteurs ? L’humiliation continuelle est source de haine, sans doute rentrée, mais lancinante.

On se demande pourquoi rester tant d’années auprès d’un tortionnaire ; mais est-il facile de fuir lorsqu’on n’est pas seul, lorsqu’il y a des enfants, qu’on a peur et qu’on ne peut fuir discrètement, avec ses mômes sous le bras, sans protection.

Car enfin, les véritables responsables de « l’affaire Sauvage » ne seraient-ils pas tous ces voisins, ces parents, tous témoins des dérives et violences physiques et morales subies par les quatre enfants et leur mère ?

Il serait peut-être temps que l’on considère la violence psychologique comme un délit grave, aussi grave qu’un coup de fusil…

Polémique, polémique…

Publié dans Chroniques

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