Le Jour des Morts

Publié le par Muriel Bayet

2 novembre 2014

En ce jour de fête où l’on honore nos Morts, une mer grise vient rouler sur des rochers plus gris encore ; l’herbe rase qui court dans le creux des roches, terne, n’offre plus d’abri pour les mouettes et goélands ; d’ailleurs, sous le ciel morose de cette matinée, pas un oiseau des mers ne s’aventure…

Ici, pas de bougies sur les lieux de sépulture ; pas de chants, pas de danse, pas d’assemblée bruyante et gaie autour du souvenir…

Je me souviens de Jours des Morts anciens, où c’était l’occasion de réunir la famille, celle qui venait de loin malgré les routes longues et les voitures moins sures… La profusion de fleurs éclatantes près des cimetières, l’abondance de chrysanthèmes à grosses fleurs jaune soleil, pourpres ou orangées… La floraison des tombes, les cousins éloignés que l’on rencontrait au détour d’une allée…

Aujourd’hui où les routes sont plus rapides, où les autoroutes sont nombreuses, on ne se réunit plus, ou moins… D’ailleurs, il y a de moins en moins de tombes à fleurir. Les crémations, suivies de la dispersion des cendres, ont changé la donne ; les mœurs ont évolué vers plus d’individualisme, plus d’égocentrisme. Bien ? Mal ? Difficile de décider.

Les fêtes religieuses avaient ceci de chouette qu’elles cimentaient la famille. La désaffection des rites religieux entraîne donc, en toute logique, la désagrégation des rassemblements familiaux trimestriels…

Le Jour des Morts

Publié dans Chroniques

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Marie Laure 02/11/2014 14:10

Je me faisais une remarque similaire en regardant le 20h hier soir: pas une image des cimetières fleuris! mais de nombreuses images de violences dans nos villes....les temps changent! Quelle belle photo! Tes parents je pense. Ils ont l'air très heureux.

Muriel 02/11/2014 14:36

Oui, mes parents, en 1954, à la Croix-Rousse...
Moi, depuis que je suis revenue en France, je ne regarde pas la télé. Je préfère écouter la radio toute la journée, en fond, ou en montant le son pour les infos ou certaines émissions qui me font rire, qui m'étonnent ou qui me font rêver... Les infos radiophoniques ont ceci de bien (pour moi) qu'elle ne diffusent pas d'images... Moi, les gens éplorés, blessés ou morts que l'on filme sous toutes les coutures, ça m'agace. Ça ne sert à rien d'autre qu'à faire grimper l'audimat. A la radio, l'info est plus concise. Et puis souvent, je me contente des gros titres, à la radio comme sur le net. Je diffuse le reportage que si l'info me semble importante ou qu'elle présente une analyse qui essaye d'être objective...
Ce que j'aimais bien, lorsque j'habitais Bruxelles, c'étaient les infos brutes des agences de presse. De vraies infos, quoi, sans baratin, mais sans analyse non plus...
Pour en revenir à la Fête des Morts, je regrette les traditions...Il me semble qu'en France, au contraire des autres pays que j'ai fréquentés, on se détache de plus en plus des rendez-vous traditionnels...
Je suis contente que tu aies le même sentiment... Je me sens moins seule dans mon "archaïsme" !!!
Bises.